Carlton de Lille-DSK: Le parquet va enquêter sur les accusations de viol en réunion

JUSTICE Le procureur de Lille a décidé d'enquêter sur des allégations de violence sur une escort-girl lors d'une soirée à Washington en décembre 2010, impliquant Dominique Strauss-Kahn...

Bérénice Dubuc

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L'ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, à la sortie de sa garde à vue, le 22 février 2012, à Lille.
L'ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, à la sortie de sa garde à vue, le 22 février 2012, à Lille. — STRINGER / REUTERS

Le parquet de Lille a ordonné ce lundi l'ouverture d'une enquête préliminaire sur des faits «susceptibles d'être qualifiés de viol en réunion» qui se seraient déroulés à Washington entre le 15 et le 18 décembre 2010, dans le cadre de l'affaire du Carlton, a-t-il indiqué dans un communiqué. Le procureur de Lille a décidé d'enquêter sur des allégations de violence sur une escort-girl lors d'une soirée à Washington à laquelle participait Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du FMI.

L'enquête confiée à la Direction Interrégionale de la Police Judiciaire de Lille

Le parquet donne ainsi suite à une ordonnance des juges d'instruction en charge de l'affaire de proxénétisme aggravé qui, comme le veut la procédure, lui avaient donné connaissance de faits nouveaux apparus dans l'enquête et sur lesquels ils ne peuvent engager de poursuites sans un feu vert. L'option choisie, l'enquête préliminaire sous le contrôle du procureur, est un moindre mal pour Dominique Strauss-Kahn, car il était aussi possible de saisir directement les juges d'instruction par un réquisitoire dit «supplétif» qui aurait entraîné quasi-directement une mise en examen.

Il n'en demeure pas moins que Dominique Strauss-Kahn devra être entendu par les enquêteurs sur ces faits, ainsi que les autres protagonistes, après quoi il pourra procéduralement être décidé soit d'un réquisitoire supplétif, soit d'une information judiciaire distincte, soit d'un classement sans suite. Cette enquête préliminaire a été confiée à la Direction Interrégionale de la Police Judiciaire de Lille, conclut le communiqué.

«Volonté de lynchage»

Selon la déposition à l'origine de la requête des juges d'instruction, citée par Reuters, Dominique Strauss-Kahn aurait imposé un rapport sexuel brutal à une prostituée avec l'aide de ses amis entrepreneurs lillois David Roquet et Fabrice Paszkowski et de celle du policier Christophe Lagarde, tous trois mis en examen pour proxénétisme. La jeune femme en question n'a pas porté plainte après cette déposition. Une autre prostituée présente à la partie fine a déclaré à la presse qu'elle estimait qu'il n'y avait pas eu viol.

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont accusé ce lundi justice et médias d'être «mus par une volonté acharnée conduisant à la perte d'un homme». «Cette enquête établira que Dominique Strauss-Kahn n'a jamais commis des faits de violence ni eu quelque relation que ce soit sans le consentement de ses partenaires», ont également affirmé dans un communiqué conjoint Mes Frédérique Baulieu, Richard Malka et Henri Leclerc.

 

Soupçonné d'avoir contribué à animer un réseau de prostitution à son profit avec plusieurs proches, dont un commissaire de police, Dominique Strauss-Kahn est déjà mis en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée», des faits passibles de 20 ans de réclusion criminelle après un éventuel procès en cour d'assises. Le viol est aussi un crime passible de 20 ans de réclusion en cour d'assises.