Viol présumé chez les pompiers de Paris: «Il faut briser la loi du silence»

JUSTICE L'avocat des victimes présumées tient «à féliciter» le parquet de Paris pour son «travail remarquable», et dit espérer que «les connivences constatées en garde à vue ne porteront pas préjudice à la suite de l'enquête»...

Bérénice Dubuc avec Vincent Vantighem

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Quartier général des pompiers de Paris, Caserne Champerret. Le centre opérationnel des pompiers à Paris le 03 fevrier 2012.
Quartier général des pompiers de Paris, Caserne Champerret. Le centre opérationnel des pompiers à Paris le 03 fevrier 2012. — ALEXANDRE GELEBART/20 MINUTES

Alors que douze pompiers de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), accusés de violences en réunion et/ou viol en réunion sur deux engagés, ont été déférés ce vendredi en vue d'une mise en examen, l’avocat des deux victimes, Nicolas Cellupica a tenu «à féliciter» le parquet de Paris pour son «travail remarquable». «J’espère que les connivences constatées en garde à vue entre certains des gardés à vue et certains gendarmes ne porteront pas préjudice à la suite de l’enquête», a-t-il ajouté.

Me Cellupica a également indiqué que ses clients, «en état de choc», «sont rentrés dans leurs familles se reposer, et bénéficieront d’un suivi psychologique». L’avocat a ajouté qu’ils «s’interrogent tous deux sur leur carrière, mais, à l’heure actuelle, ont définitivement tiré un trait sur leur carrière de pompier à Paris. Ils ont mis fin au rêve de toute leur vie». Me Cellupica a invité «tous les pompiers qui ont subi les mêmes barbaries, et il y en a, à se manifester». «Le bizutage n’est pas une excuse, il faut briser la loi du silence», a-t-il conclu.

Le treizième pompier relâché

Parmi les douze pompiers qui doivent être mis en examen, quatre sont visés par le chef de viol en réunion tandis que les violences volontaires commises sur l'un des engagés pourraient être retenues contre neuf d’entre eux. Six pompiers sont également concernés pour les violences subies par l'autre engagé. Le capitaine de la compagnie et l'entraineur risquent de leur côté une mise en examen pour non-empêchement d'un crime ou délit.

Un jeune engagé avait déposé plainte, accusant un de ses collègues de l'avoir violé dimanche après une séance de bizutage qui aurait mal tourné, au vu et au su d'autres pompiers, dont un officier, qui se trouvaient dans le bus. Cette scène a été filmée par un téléphone portable. Un autre pompier a porté plainte pour des coups qu'il aurait subis dans le même bus. Le treizième pompier placé en garde à vue jusqu’à ce vendredi matin a par ailleurs été relâché.