Affaire Bettencourt: Nouvelle comparution de Patrice de Maistre devant les juges bordelais ce jeudi

JUSTICE Il devrait être confronté à différents témoins...

avec AFP

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L'ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, incarcéré depuis près de cinquante jours, "attend avec impatience" sa comparution devant les juges d'instruction prévue jeudi matin, ont indiqué mercredi ses avocats dans un communiqué
L'ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, incarcéré depuis près de cinquante jours, "attend avec impatience" sa comparution devant les juges d'instruction prévue jeudi matin, ont indiqué mercredi ses avocats dans un communiqué — Pierre Andrieu afp.com

L'ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, incarcéré depuis près de cinquante jours, «attend avec impatience» sa comparution devant les juges d'instruction prévue ce jeudi matin, ont indiqué mercredi ses avocats dans un communiqué.

Incarcéré depuis le 23 mars, l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, est convoqué jeudi matin pour une audition par les juges d'instruction bordelais. Les raisons pour lesquelles les juges en charge des dossiers Bettencourt ont convoqué Patrice de Maistre n'ont pas été précisées. Il ne semble pas cependant qu'il soit question de le mettre en examen dans un nouveau volet de l'affaire.

Confrontation avec différents témoins

Pierre Haïk, Jacqueline Laffont et Christophe Cariou-Martin indiquent que leur client, «détenu à la maison d'arrêt de Gradignan (Gironde) depuis un mois et demi sans avoir été reconvoqué par ses juges, attend avec impatience sa comparution du jeudi 10 mai». Ils remarquent qu'ils n'ont «pas pu obtenir la moindre précision de la part des magistrats instructeurs sur l'objet et la durée de cet acte d'instruction», ne sachant pas apparemment si Patrice de Maistre sera entendu uniquement le matin ou toute la journée, ni quelle est la finalité de la convocation.

Ils avancent qu'il «paraît néanmoins logique (que la convocation) consistera pour l'essentiel en une confrontation entre Patrice de Maistre et différents témoins, dès lors que ces derniers ont été présentés par les juges, - pour justifier leur décision d'incarcération -, comme susceptibles de faire l'objet de pressions».

Financement de partis politiques ou usage personnel?

Patrice de Maistre est soupçonné d'avoir fait revenir, d'un compte suisse des Bettencourt, quatre millions d'euros en liquide entre 2007 et 2009, en sept versements, qu'il aurait destinés soit à du financement illicite de partis politiques, soit à son usage personnel.

Ses avocats ont déjà demandé à ce qu'il soit confronté à trois personnes, l'ancien majordome de Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy, le banquier suisse des Bettencourt, René Merkt, et le patron de l'organisme Cofinor qui rapatriait les fonds, Vahé Gabrache. «La nécessité de cette confrontation a été d'ailleurs unanimement soulignée, tant par la défense, que par le juge d'instruction, le juge des libertés et de la détention, le Parquet et la Chambre de l'instruction, qui a rappelé à deux reprises l'obligation de réaliser ces actes "à très brève échéance"», soulignent-ils.

Les avocats de Patrice de Maistre, à qui une remise en liberté a été refusée deux fois depuis le 23 mars, ont estimé que la seule raison pour laquelle leur client est en prison était la volonté des juges de faire «pression» sur lui pour qu'il confesse avoir participé à un financement illicite de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Des «charges nouvelles»

Patrice de Maistre a été placé en détention le 23 mars, alors qu'il avait été laissé libre sous contrôle judiciaire après une première mise en examen le 15 décembre, notamment pour abus de faiblesse aux dépens de Liliane Bettencourt. Son incarcération fait suite à une nouvelle mise en examen dans ce pan de l'affaire, mais aussi à l'apparition de «charges nouvelles» en lien avec les rapatriements depuis la Suisse.

L'ancien ministre et ancien trésorier de l'UMP Eric Woerth, pour sa part, a été mis en examen à deux reprises les 8 et 9 février pour des faits concernant aussi Patrice de Maistre, d'une part pour trafic d'influence passif car il aurait fait obtenir à Patrice de Maistre une légion d'honneur en échange d'un emploi pour sa femme Florence, d'autre part pour recel d'une somme que lui aurait remise Patrice de Maistre, et qui n'a pas été qualifiée par les juges.

Quatre jours après la défaite de Nicolas Sarkozy, les juges pourraient avoir les mains plus libres pour enquêter sur un financement illicite. Il semble, a appris l'AFP, que les juges aient réentendu tout récemment d'anciens membres du personnel des Bettencourt sur les visites de personnalités politiques au domicile de l'héritière de l'Oréal.