Roméo Langlois détenu par les Farc en Colombie: Le point sur la situation

MONDE Dix jours après l'enlèvement du journaliste français en Colombie, «20 Minutes» fait le point...

E.O.

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Photo prise en Colombie, en 2011, de Roméo Langlois, le journaliste de France 24 disparu
Photo prise en Colombie, en 2011, de Roméo Langlois, le journaliste de France 24 disparu — woow/AP/SIPA

Comment a-t-il été enlevé?

Roméo Langlois, 35 ans, correspondant de France 24 en Colombie, a été fait captif le 28 avril dernier, alors qu’il tournait un reportage avec des membres de l’armée. Les Farc auraient tendu un guet-apens aux soldats dans une zone rurale, près de la commune de La Union Peneya, dans le sud-ouest du pays. Des tirs ont alors été échangés entre les membres de la guérilla et l’armée, tuant quatre personnes. Le journaliste a été porté disparu après l’affrontement, avant que les Farc ne revendiquent son enlèvement.

Dans quel état de santé se trouve-t-il?

Quand l’affrontement a commencé, le jeune homme a voulu montrer aux Farc qu’il ne faisait pas partie de l’armée, et a retiré son gilet pare-balles et son casque. Il s’est ensuite avancé vers les guérilleros et aurait été touché par une balle, au bras gauche. «Nous lui avons procuré l'attention nécessaire et il est hors de danger», ont indiqué les révolutionnaires dans un communiqué, deux jours après son enlèvement.

Pourquoi est-il retenu?

Probablement pour sa «rentabilité politique». Les Farc savent qu’ils détiennent un journaliste français, et estiment qu’ils peuvent l’utiliser pour faire pression sur le gouvernement colombien. La guérilla avait pourtant annoncé, en février dernier, qu’elle renonçait aux enlèvements de civils contre rançons avant de libérer ses derniers otages, onze militaires, en avril. Seulement, les combattants n’ont pas relâché ces soldats par pure bienveillance, mais sûrement car ils n’avaient aucune «valeur» politique et que leur surveillance mobilisait trop d’hommes.

Que demandent les Farc?

Lundi, la guerilla marxiste a réclamé un débat sur la liberté d’informer comme première condition pour la libération de Roméo Langlois. Les Farc estiment que les journalistes «ne remplissent pas leur devoir d’informer de manière impartiale» quand l’armée les emmène avec elle. Mardi, un journaliste colombien de l'agence Anncol, considéré comme proche des révolutionnaires, a proposé un «échange humanitaire»: la libération de son fondateur, emprisonné depuis un an en Colombie, contre celle du journaliste.

Quelle est l’attitude de la France?

Le ministère des Affaires étrangères a affirmé dès la disparition du journaliste être «en contact étroit avec les autorités colombiennes, la famille de M. Langlois ainsi qu'avec la rédaction de France 24 pour laquelle il travaille». «Notre ambassade en Colombie est pleinement mobilisée» et «maintient notamment un contact permanent avec les autorités colombiennes pour obtenir la libération de notre compatriote», a indiqué le Quay d’Orsay la semaine dernière tout en précisant tenir «à une grande discrétion, comme il convient dans ce type de situation».