Sur les traces de « l'Oiseau-blanc » de nungesser

Vincent Vantighem

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«Cela ressemble à une aventure de Tintin ! » Sauf qu'elle ne se déroule ni au Congo ni en Amérique. Mais à Saint-Pierre-et-Miquelon. Et que Bernard Decré n'est pas à la recherche du Secret de la Licorne, mais de celui de L'Oiseau-Blanc. Quatre-vingt-cinq ans après la tentative de traversée de l'Atlantique en avion par Charles Nungesser et François Coli, ce Nantais d'origine a décidé de partir à la recherche de l'épave de leur biplan. Dans un mois, il appareillera du port de Saint-Pierre pour fouiller les fonds marins d'un rectangle de sept kilomètres sur deux. Le choix du lieu ne doit rien au hasard. A force de fureter dans les archives, Bernard Decré a relevé assez d'indices pour penser que les deux explorateurs se sont crashés à cet endroit-là.
Il y a d'abord le témoignage de ce pêcheur qui a entendu « le bruit d'un crash d'avion » au large de la pointe du Savoyard le matin du 9 mai 1927. Il y a aussi les télégrammes des gardes-côtes qui se demandent à la même époque ce qu'ils doivent « faire » des deux ailes blanches qui flottent au large de Saint-Pierre. « Je trouve que c'est inadmissible que l'on ne se soit pas occupé du sort de ces aviateurs, confie Bernard Decré. Ou alors, c'est moi qui suis fou ! » Peut-être pas tant que ça. S'il découvre l'épave, Bernard Decré prouvera que L'Oiseau-Blanc a réussi à traverser l'Atlantique le 9 mai 1927, avant de se crasher. Soit douze jours avant l'Américain Charles Lindbergh, considéré comme le pionnier. « Quand Lindbergh a atterri à Paris, il a demandé des nouvelles de Nungesser et Coli, conclut Bernard Decré. Je n'ai pas perdu espoir de lui en donner… »