Les ophtalmos sonnent l'alarme

Delphine bancaud

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Les rendez-vous chez l'ophtalmolo sont difficiles à obtenir.
Les rendez-vous chez l'ophtalmolo sont difficiles à obtenir. — F. DURAND / SIPA

«Et mon rendez-vous avec l'ophtalmo ? », interroge un patient. « Désolée, je ne vois rien avant 2025 », répond une voyante. Le message de la campagne que vient de lancer le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) est clair : les délais pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste des yeux s'allongent chaque année. « Il faut compter soixante huit jours en moyenne et jusqu'à un an dans certaines régions (Nord et Est notamment) », indique Jean-Bernard Rottier, président du Snof.

Une demande de soins en hausse
En cause : la pénurie d'ophtalmos qui risque de s'aggraver dans les prochaines années. « Aujourd'hui, 5 500 professionnels exercent. En 2020, ils ne seront que 4 000 en raison des départs en retraite », avance le Dr Rottier. Surtout, avec la population vieillissante, les affections oculaires (cataracte, glaucomes, etc.) sont en croissance. Seul moyen de sortir de cette impasse, selon le Snof : « Doubler le flux d'entrée en formation en ophtalmologie le plus rapidement possible et déléguer certaines tâches aux orthoptistes [le suivi des enfants, l'adaptation des lentilles, etc.] », insiste Jean-Bernard Rottier. Un dossier qui sera vite sur la table du prochain ministre de la Santé.