pour les anciens de la sernam, c'est loin d'être fini

Céline boff

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Une manifestation des employés de la Sernam à La Défense, le 4 avril.
Une manifestation des employés de la Sernam à La Défense, le 4 avril. — A. BRULE / SIPA

Ce lundi à minuit, Geodis, filiale de la SNCF, reprendra officiellement les activités du transporteur Sernam. Mais l'histoire est loin d'être terminée. Elle ne fait même que commencer pour les salariés qui ont reçu ce week-end leurs lettres de licenciement – environ 670 personnes. Depuis vendredi, le portable d'Alain Delpuech, délégué CGT, ne cesse de sonner. Avec, à chaque fois, à l'autre bout du fil, les mêmes questions et surtout, les mêmes angoisses.
« Mes collègues licenciés se sentent complètement perdus, ils veulent savoir comment fonctionne la cellule de reclassement et en quoi consiste le contrat de sécurisation professionnelle, explique Alain Delpuech. Ils sont complètement abattus, mais surtout écœurés des promesses non tenues par le gouvernement et par la SNCF. » Car les lettres de licenciement font suite à une véritable valse des chiffres. D'abord sur le nombre de salariés repris par Geodis. Qui est passé, au fil des semaines, de 850 à seulement 686 postes, selon nos sources. Les mêmes incertitudes planent quant à l'avenir des salariés non repris. Et ce, malgré la dizaine de tables rondes organisées entre les syndicats, le gouvernement et les professionnels du secteur. Tous s'étaient réunis dans le but de créer une « bourse à l'emploi », censée regrouper les postes proposés par les sociétés du transport et de la messagerie aux licenciés. Avec notamment, avait annoncé Thierry Mariani, ministre des Transports, 500 postes de reclassement à la SNCF. Au final, le compte n'y est pas : la SNCF proposerait entre 0 et 200 postes. Pour les syndicalistes, toutes ces annonces étaient de simples promesses de campagne. Et pour les ex-Sernam, le combat ne fait que débuter.