Capture d'écran du JT de France 2 du 16 avril 2012 montrant une photo non datée de Yoni P.
Capture d'écran du JT de France 2 du 16 avril 2012 montrant une photo non datée de Yoni P. — 20MINUTES.FR

ENQUÊTE

Meurtres en série dans l'Essonne: Yoni Palmier inspiré de Mohamed Merah?

e tueur en série présumé s'est montré très intéressé par l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban...

Les actes de Mohamed Merah ont-ils eu une influence sur ceux de Yoni Palmier? C’est ce que cherchent à déterminer des sources judiciaires ce vendredi dans Le Parisien, s’interrogeant sur «une forme de transfert avec l’affaire de Toulouse et cet autre tueur à moto», interpellé le 14 avril dernier.

Les deux hommes ont en effet observé un mode opératoire identique, même si la série de meurtres de l’Essonne a débuté bien avant les tueries de Mohamed Merah. Quand on regarde la chronologie des faits, leurs forfaits se chevauchent au mois de mars. Yoni Palmier aurait tué ses deux premières victimes avant que le tueur de Toulouse n’agisse, mais son troisième meurtre présumé est intervenu deux jours après les deux premiers du jeune djihadiste. Ce dernier a ensuite perpétré sa tuerie de l’école juive de Toulouse et été abattu par le Raid avant que le tueur de l’Essonne ne commette son dernier meurtre à Grigny.

«Une véritable fascination» pour les armes à feu

A partir de l’ordinateur de Yoni Palmier, les enquêteurs ont pu constater que le meurtrier présumé de l’Essonne avait consulté «de manière très fréquente des sites en lien avec l’affaire Mohamed Merah et avec les méthodes d’intervention du Raid», précise Le Parisien. «Il s’était mis dans la peau d’un homme qui finirait assiégé par le Raid en se documentant sur leurs méthodes et en se renseignant même sur l’utilisation de masques censés le protéger contre les gaz», ajoute une source judiciaire au quotidien.

Le jeune homme, «psychologiquement très fragile», vouait également «une véritable fascination» pour les armes à feu et les munitions, selon Le Parisien. Cette passion l’a conduit à se rendre régulièrement chez des armuriers. «Il venait souvent, posait beaucoup de questions sur les armes, les munitions, et, surtout, gardait son casque de moto ou sa cagoule de motard sur la tête à l’intérieur même du magasin», illustre ainsi une source judiciaire auprès du quotidien.

Michel Courtois victime de pressions?

C’est grâce notamment à ce comportement étrange, exprimé par des armuriers, que les enquêteurs ont pu retrouver la trace de Yoni Palmier parmi les 300 propriétaires de moto du type de celle utilisée par le tueur. Ce dernier avait d’ailleurs été sollicité une première fois par les policiers à ce sujet, mais le suspect s’en était tiré, son scooter étant enregistré sous un autre nom. Les enquêteurs découvriront plus tard qu’il louait un emplacement dans le parking de la résidence où ont eu lieu les deux premiers meurtres.

Par ailleurs, Le Parisien révèle que Michel Courtois, arrêté pour le premier meurtre et qui clame son innocence, aurait subi des pressions durant son interrogatoire, le poussant à avouer le crime. «Les auditions de ce suspect n’ont pas été menées dans les règles de l’art», a indiqué au quotidien une source proche de l’enquête, parlant de «questions un peu orientées». «Tous ces éléments et le profil d’un homme qui semble finir par dire oui à tout nous ont fait douter de ses aveux», ajoute-t-on, même si le mode opératoire légèrement différent pour les deux premiers meurtres (plusieurs tirs puis un seul tir), malgré l’utilisation de la même arme, ont laissé penser qu’il aurait pu y avoir plusieurs criminels.