Accusé à tort d'implication dans un attentat, un Algérien attaque Guéant en diffamation

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Un Algérien présenté à tort par le ministre de l'Intérieur comme condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech en 1994 a décidé de déposer plainte ce vendredi en diffamation contre Claude Guéant, a indiqué son avocat, Me Eric Plouvier, à l'AFP.

Ali Belhadad a été expulsé le 2 avril vers l'Algérie dans la foulée de l'affaire Merah, le ministre Claude Guéant justifiant sa décision dans un communiqué par ses relations avec «la mouvance islamiste radicale» et assurant qu'il a été «condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech en 1994». «Il ne fait aucun doute que cette affirmation est totalement fausse», relève Me Plouvier dans sa plainte qui doit être déposée dans la journée, précisant que le casier judiciaire de son client ne porte trace d'aucune condamnation.

Guéant aurait dû «procéder à une immédiate rectification»

Une représentante du ministère de l'Intérieur avait reconnu mi-avril devant le tribunal administratif, devant lequel Ali Belhadad contestait son expulsion, que ce communiqué était erroné, une erreur qu'elle avait qualifiée de «regrettable». «Ce communiqué paraît avoir délibérément servi une politique de communication du ministre dans un contexte électoral», estime pour sa part l'avocat d'Ali Belhadad.

«L'information fausse a été reprise par de nombreux médias sans que le ministre ne cherche d'aucune manière à empêcher la préjudiciable propagation de fausses nouvelles. Le sérieux et l'honnêteté d'un ministre de la République auraient dû le conduire en cas d'erreur non volontaire à procéder à une immédiate rectification. Ce qui n'a pas été le cas», ajoute-t-il dans la plainte.

Ali Belhadad, 44 ans, vivait en France depuis 20 ans et possédait un titre de séjour valable jusqu'en 2019. Il a été arrêté le 2 avril et renvoyé le jour même dans son pays, au moment où le gouvernement multipliait les coups de filet dans les milieux fondamentalistes après les tueries de Toulouse et Montauban par Mohamed Merah, à 20 jours de la présidentielle. Le Conseil d'Etat a rejeté le 20 avril le recours présenté par M. Belhadad contre son expulsion.