Paris: La RATP a-t-elle suspendu le contrôle des billets dans les grandes gares pour des raisons électoralistes?

TRANSPORTS Un syndicat de la compagnie affirme qu'une trêve a été ordonnée le temps des élections pour éviter les incidents...

Corentin Chauvel

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Quai de RER à la Gare du Nord, à Paris, le 7 avril 2010.
Quai de RER à la Gare du Nord, à Paris, le 7 avril 2010. — CHAMUSSY/SIPA

Gare du Nord, Saint-Lazare, Châtelet-les-Halles: trois stations de métro et de RER majeures de Paris dans lesquelles les contrôleurs ne sont pas intervenus le temps des vacances de Pâques. Une période qui correspond surtout cette année à l’entre-deux-tours de la présidentielle, a condamné la semaine dernière le syndicat Sud-RATP.

«Ordre a été donné à l’ensemble des agents de ne plus procéder à des contrôles jusqu’au 6 mai sur les grandes gares de Paris. Ceci afin d’éviter tout incident pouvant mettre en exergue la faillite sécuritaire d’un des deux candidats», a indiqué le syndicat dans un communiqué cité par Le Parisien ce jeudi, fustigeant ainsi des «motifs bassement électoralistes».

Le précédent de la présidentielle 2007

Pour Sud-RATP, il s’agissait en effet d’éviter une répétition des événements de mars 2007 lorsqu’un contrôle houleux avait provoqué de violentes échauffourées entre des jeunes et la police. Ces événements, intervenus un mois avant le premier tour de la présidentielle, s’étaient répercutés sur la campagne avec une polémique sur la sécurité.

Un contrôleur de la RATP a constaté auprès du Point cette consigne dans les faits: «Alors qu'on voulait se rendre à Saint-Lazare peu avant le premier tour de l'élection présidentielle, on nous a interdit d'y aller, en prétendant qu'il s'agissait d'un ordre de la préfecture de police.» Mais cette dernière dément dans Le Parisien: «Il n’y a jamais eu de consigne dans ce sens.»

De son côté, la RATP se défend d’un quelconque lien avec le calendrier électoral. «Nous avions effectivement suspendu les contrôles dans ces trois gares pour une question de sécurité. En période de vacances scolaires, nous avons un afflux de jeunes voyageurs, ce qui entraîne bien souvent une augmentation des agressions envers les agents de contrôle», a expliqué au Figaro ce jeudi la compagnie de transports, précisant: «Ce n’est pas la première fois que nous agissons ainsi. Et cela n’a aucun rapport avec un quelconque agenda politique.» Finalement, les contrôles ont repris mercredi, mais le débat reste ouvert, au moins jusqu’à dimanche.