Série de meurtres dans l'Essonne: Les zones d'ombre de l'enquête

FAITS-DIVERS Mobile, arme du crime, mode opératoire: l'affaire du quadruple homicide reste encore mystérieuse à plusieurs égards...

Nicolas Bégasse

— 

Le 16 avril 2012. Un suspect dans l’enquete sur les meurtres de l’Essonne, arrive au tribunal de grande instance d'Evry encadre par les policiers du SRPJ de Versailles. 
Le 16 avril 2012. Un suspect dans l’enquete sur les meurtres de l’Essonne, arrive au tribunal de grande instance d'Evry encadre par les policiers du SRPJ de Versailles.  — V. WARTNER / 20 MINUTES

Alors que deux suspects se trouvent toujours en prison, l’un pour le meurtre de Nathalie Davids le 27 novembre 2011 à Juvisy-sur-Orge, l’autre pour les trois autres meurtres commis dans l’Essonne depuis février 2012, plusieurs zones d’ombres demeurent. 20 Minutes les détaille.

Le mode opératoire

La première victime a été abattue de sept balles dans la tête, et les trois autres d’une seule balle. Même si le calibre est à chaque fois le même, le mode opératoire est donc différent, le premier homicide faisant plus penser à un acharnement. Ces sept balles tirées accréditent plutôt la thèse d’un meurtre passionnel, et donc de la culpabilité du premier suspect, Michel Courtois, qui avait entretenu une relation avec la victime et qui, dans ses aveux, a affirmé ne pas avoir supporté leur séparation –avant de se rétracter. Si c’est le second suspect, Yoni Palmier, qui a commis ce meurtre, le changement de mode opératoire peut être expliqué par la fébrilité du «débutant», mais ce changement de méthode criminelle interpelle.

Deux suspects pour une série de meurtres

Michel Courtois est toujours l'unique mis en examen pour le premier des quatre meurtres, et l’interpellation de Palmier ne l’a pas innocenté. «A ce stade, les charges pesant sur la personne d'ores et déjà mise en examen dans ce dossier ne sont pas écartées, a déclaré la procureur ce mardi. Elles devront être analysées au regard des déclarations du (dernier) suspect et des éléments matériels recueillis.» Mercredi, le parquet d’Evry s’est refusé à donner plus d’informations sur les auditions en cours des deux suspects.

L’arme du crime

Citées par plusieurs médias, des sources proches de l’affaire affirment que les quatre meurtres sont le fait d’une seule et même arme, et que celle-ci a été retrouvée chez Yoni Palmier. Mais les sources officielles, en l’occurrence le parquet, ont affirmé mercredi à 20 Minutes que l’arme en question «n’a pas été retrouvée chez lui», mais lors d’une autre perquisition, sans préciser laquelle. De plus, le parquet n’avait pas encore sous les yeux mercredi après-midi les résultats de la balistique. Enfin, même si là encore certaines sources ont affirmé que la même arme a servi pour les quatre meurtres, une autre source policière a confié à 20 Minutes qu'il n'est certain qu'à 80% que le premier crime a été commis avec la même arme que celle impliquée dans les trois autres.

Les effectifs policiers sur place

Plus d’une centaine d’enquêteurs avaient été mobilisés après la série de meurtres et de nombreux contrôles avaient été effectués dans le département. Après la mise en examen de Yoni Palmier, cette mobilisation spéciale a été allégée et des renforts ont été apportés pour la surveillance des scellés et des lieux de perquisitions, a appris 20 Minutes. Cette surveillance signifie-t-elle que ceux-ci n’ont pas encore révélé tous leurs secrets?

Le mobile

Dernière sone d’ombre: le mobile. Si celui de Michel Courtois est connu (même s’il est revenu depuis sur ses aveux), celui de Yoni Palmier, qui n’a pour le moment pas reconnu sa participation aux faits, est un mystère. Seule la proximité géographique peut rapprocher le suspect des victimes, vu qu’ils habitent tous dans des communes voisines. Et selon RTL, Palmier avait vécu dans le même immeuble que la troisième victime, même s’ils n’empruntaient pas à l’époque la même porte d’entrée. Des indices bien faibles a priori pour constituer le mobile d’un meurtre.