«J'espère la condamnation du ministère de l'Intérieur»

JUSTICE Des citoyens contrôlés au faciès assignent l'Etat en justice...

Lucie Romano

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La police effectue un contrôle d'identité avec immobilisation.
La police effectue un contrôle d'identité avec immobilisation. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

C'est une première en France. Quinze personnes estimant avoir subi des contrôles au faciès ont assigné l'Etat en justice. A l'origine de cette initiative, le Collectif contre le contrôle au faciès, créé il y a un an. Il milite pour une modification de l'article 78.2 du Code de procédure pénale qui régit le contrôle d'identité. Il réclame qu'un reçu soit délivré pour permettre un recours, et la mise en place d'une organisation indépendante. «Je veux rétablir mes droits», raconte Bocar, l'un des quinze plaignants.

«Point commun: être noir ou arabe»

Le jeune homme Noir affirme avoir subi un contrôle musclé alors qu'il sortait en compagnie de sa famille. «Je me suis fait tirer par le bras, fouiller contre le mur, menacer de Taser… devant mes jeunes sœurs! Au nom de quoi? Il y a une politique du chiffre, aucune transparence, j'espère la condamnation du ministère de l'Intérieur.»

Félix de Belloi est l'un des avocats en charge de la procédure. Selon lui, les cas ne sont pas emblématiques mais au contraire «banals». «Il y a des gens de tous âges. Tous sont français, n'ont pas de casier judiciaire, sont bien insérés socialement. Leur point commun: être noirs ou arabes et associer ces moments à de petites brimades, de petites humiliations. Nous ne faisons pas le procès de la violence policière, précise-t-il, mais bien celui des contrôles d'identité mal encadrés.»

Pour Francos, l'un des porte-parole du collectif, «le pire, c'est que pour les gens, coutumiers du fait, ces contrôles sont tout à fait normaux!» En attendant l'issue de l'action en justice, le collectif poursuit sa campagne nationale.