Série de meurtres en Essonne: A nouveau entendu, le premier suspect clame son innocence

ENQUÊTE es enquêteurs pensent qu'il pourrait avoir commandité trois des meurtres...

E.O. avec Reuters

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La police scientifique au pied de l'immeuble de Grigny (Essonne) où une femme a été tuée le 5 avril 2012.
La police scientifique au pied de l'immeuble de Grigny (Essonne) où une femme a été tuée le 5 avril 2012. — P.VERDY / AFP

Michel C. a clamé son innocence ce mercredi devant le juge d'instruction d'Evry qui l'entendait une nouvelle fois dans le cadre de l’enquête sur les quatre meurtres commis en Essonne depuis novembre 2011. Cet homme de 46 ans a été placé en détention provisoire début décembre pour l’assassinat de Nathalie D., la première victime de la série. Il est donc, de fait, mis hors de cause dans les trois meurtres des 22 février, 17 mars et 5 avril 2012, mais les enquêteurs s’interrogent sur ses proches.

Agé de 46 ans, le suspect avait avoué devant les policiers avant de se rétracter devant le magistrat instructeur.

Son avocate, Me Nadine Meydiot, estime qu'il est en détention «pour rien» et que ses aveux initiaux pourraient s'expliquer par «les conditions de sa garde à vue». «Il est toujours sur sa ligne de défense, à savoir qu'il est innocent, qu'il n'a pas d'arme, qu'il n'a pas tenu cette arme-là et qu'il ne comprend pas pourquoi on fait l'amalgame avec celui qui est dehors», a indiqué l'avocate à la presse. 

Il pourrait avoir remis le pistolet à un complice

Une seule et même arme - un pistolet 7.65 - a été utilisée pour commettre les quatre meurtres, entre novembre et avril. Les enquêteurs cherchent à savoir si le suspect n'a pas remis le pistolet à un complice et, une fois incarcéré, commandité les autres crimes.  D’autant que la seconde victime, Jean-Yves B., était un voisin de Nathalie D. C’est lui qui a découvert le corps de la trentenaire et aurait mené les policiers vers Michel C.

«C'est une des pistes, mais je ne dirais pas que c'est la plus sérieuse et, surtout, l'unique piste», avait déclaré Marie-Suzanne Le Quéau, procureur d'Evry, au lendemain de l'assassinat de la dernière victime, le 5 avril dernier.

Nouvel appel à témoins

Des traces de poudre ont été relevées sur les vêtements de Michel C. lors de son arrestation mais Me Nadine Meydiot estime qu'elles peuvent provenir de la fonderie où il a effectué des chantiers.

Plus d'une centaine d'enquêteurs de la police judiciaire ont été mobilisés sur l'affaire et les forces de l'ordre multiplient les contrôles dans le département. La police judiciaire de Versailles a diffusé mardi un nouvel appel à témoins, plus précis, de la moto susceptible d'avoir été utilisée par le tueur lors du dernier meurtre, à Grigny. Il s'agit toujours d'une Suzuki bleue et blanche, de modèle GSX-R 750 ou 1000. Mais les détails sur les équipements de cet engin sont plus précis.

La police cherche à retrouver la trace de la Suzuki, qui a une autonomie de carburant limitée, dans un rayon d'une centaine de kilomètres autour des lieux des crimes.