Meurtres en série dans l'Essonne: La police à la recherche d'une Suzuki bleue et blanche

FAITS-DIVERS Deux femmes et deux hommes sont morts depuis fin novembre, tués par une seule et même arme...

Corentin Chauvel avec agences

— 

La police scientifique au pied de l'immeuble de Grigny (Essonne) où une femme a été tuée le 5 avril 2012.
La police scientifique au pied de l'immeuble de Grigny (Essonne) où une femme a été tuée le 5 avril 2012. — P.VERDY / AFP

Début de psychose dans l’Essonne? La mort d’une femme de 48 ans, tuée jeudi à Grigny par un tireur à moto, s’inscrirait d’une série de meurtres ayant eu lieu dans le département francilien depuis le mois de novembre. 20 Minutes fait le point sur l’enquête.

Que s’est-il passé à Grigny?
Une femme a été tuée jeudi après-midi, vers 17h, d'une ou plusieurs balles de calibre 7.65 dans la tête par un tireur qui a pris la fuite en deux-roues. La victime, âgée de 47 ans, se trouvait dans le hall d'un immeuble proche de la cité de la Grande Borne. Des habitants ont dit avoir vu un homme s'enfuir en moto ou en scooter après les détonations. La police a d'ailleurs lancé vendredi soir un appel à témoins pour trouver la trace, dans «l'ouest parisien», d'une Suzuki bleue et blanche.

Pourquoi pense-t-on à un tueur en série?
Trois crimes précédents ont été commis en moins de cinq mois dans des circonstances similaires - le tueur abat sa victime par surprise et repart sur un deux-roues -, dans le même département. De plus, les quatre victimes ont été tuées avec la même arme, a indiqué ce vendredi Marie-Suzanne Le Quéau, procureure de la République. «Cette série mérite évidemment toute notre attention et nous mettons le maximum de moyens sur cette affaire (une centaine d'enquêteurs, ndr)», a déclaré ce vendredi Claude Guéant qui «redoute» les actes d’un tueur en série. Toutefois, le seul lien de l'arme du crime «ne suffit pas pour affirmer qu'il s'agisse d'une seule et même affaire» car il y a tout de même des variations dans le mode opératoire - la première victime a été criblée de balle -, a déclaré Marie-Suzanne Le Quéau qui a souligné qu'on ne pouvait donc pas affirmer que l'auteur des crimes était une seule et même personne.

Qui sont les trois autres victimes?
Il s’agit d’une laborantine de 35 ans, retrouvée morte le 27 novembre dernier dans le parking souterrain de sa résidence, à Juvisy-sur-Orge, de l’un de ses voisins, un ingénieur de 51 ans, tué le 21 février, et d’un retraité de 81 ans, abattu le 19 mars dans le hall de son immeuble à Ris-Orangis «par un homme qui visiblement l’attendait», selon Europe 1.

Quel est le profil du tueur?
Ce serait «un homme de grande taille, mesurant au moins 1,80 m, de corpulence mince, de type européen et porteur d’un casque de moto noir», ont décrit des témoins cités par Le Parisien. Il portait également «un blouson de type bombers en cuir de couleur sombre et une sacoche». Sa moto serait une «Suzuki, type GSX-R 1.000 de couleur bleue, supportant des autocollants ou des bandes blanches», sans plaques d’immatriculations, ajoute le quotidien.

Quel est le mobile de ces meurtres?
Il reste mystérieux. «On ignore le mobile du meurtre, passionnel, règlement de comptes ou autre», a déclaré une source syndicale policière. «Jamais dans ces quatre dossiers il n'a été question de piste terroriste», a ajouté la procureur de la République d'Evry. Il y a cependant un élément troublant: La même arme a été utilisée lors des quatre crimes, or, le meurtrier présumé de la première victime, son ex-compagnon, a «été interpellé et se trouve actuellement emprisonné», a indiqué Claude Guéant ce vendredi. Cependant, le suspect, «très antipathique, violent, mais socialement inséré» d’après Le Figaro, avait avoué dans un premier temps avant de se rétracter mais sans jamais évoquer l'arme, selon Le Parisien. Il va être de nouveau interrogé par un juge. Quant à savoir si l'homme a pû bénéficier d'une complicité, «c'est une des pistes, mais je ne dirais pas que c'est la plus sérieuse et, surtout, l'unique piste», a répondu le procureur.