Affaire Bettencourt: Sarkozy a bien rendu visite à la milliardaire avant la présidentielle de 2007

ENQUÊTE 'est ce qu'affirme le majordome de la famille Bettencourt dans son témoignage...

J. M. avec Reuters

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La famille Bettencourt et son gestionnaire de fortune Pascal Bonnefoy (au centre), le 6 juillet 2007 à Paris.
La famille Bettencourt et son gestionnaire de fortune Pascal Bonnefoy (au centre), le 6 juillet 2007 à Paris. — MIGUEL MEDINA / AFP

Nicolas Sarkozy a rendu visite à Liliane Bettencourt peu avant la présidentielle de 2007, lors de laquelle est soupçonné un financement frauduleux de sa campagne électorale avec l'argent de l'héritière de L'Oréal, a affirmé l’ancien majordome de la milliardaire Pascal Bonnefoy au juge chargé de l'affaire.

La déposition a été recueillie le 14 mars dernier devant le juge d'instruction de Bordeaux Jean-Michel Gentil, a indiqué ce lundi à l’agence Reuters l’avocat du témoin, Antoine Gillot, confirmant une information du Monde. «Il a confirmé que Sarkozy était venu chez les Bettencourt dans les mois ayant précédé l'élection. C'est un témoin comme d'autres membres du personnel qui ont dit l'avoir vu», a indiqué l'avocat.

Atteinte à l'intimité de la vie privée

Le majordome, dont les enregistrements sont à l'origine de toute l'affaire, a été écroué. Pascal Bonnefoy avait été mis en examen par un autre juge le 14 mars pour «atteinte à l'intimité de la vie privée», comme les responsables du Point Hervé Gattegno et Franz-Olivier Giesbert qui ont publié une retranscription partielle des enregistrements.

Des journalistes et dirigeants du site internet d'informations Mediapart sont également convoqués jeudi pour être aussi mis en examen dans ce volet. Remis à la police en 2010, ces enregistrements sont à l'origine d'un tumulte politico-judiciaire sur de possibles malversations qui vise la majorité et Nicolas Sarkozy, dont les comptes de campagne de 2007 ont été saisis par la justice.

«Il y a belle lurette, alors, quand il était jeune homme»

Ecroué à Gradignan (Gironde) depuis le 23 mars, le gestionnaire de fortune des Bettencourt Patrice de Maistre, poursuivi pour «abus de faiblesse et abus de biens sociaux», s'est vu refuser vendredi sa remise en liberté par la cour d'appel de Bordeaux. Le juge Gentil fonde son enquête à son propos sur des soupçons de financement frauduleux de la campagne Sarkozy, visant notamment deux retraits de 400.000 euros chacun au premier semestre de 2007 sur la fortune Bettencourt en Suisse, opérés par Patrice de Maistre le 5 février et le 26 avril 2007.

Priée sur M6 en octobre dernier de dire si elle avait ou non donné de l'argent à Nicolas Sarkozy pour financer sa campagne, Liliane Bettencourt avait répondu: «Non, mais alors, il y a belle lurette, belle lurette avant, alors, quand il était jeune homme...». Une expertise médicale a établi que l'héritière était en état de démence «mixte» depuis au moins 2006. Elle a été placée sous tutelle en octobre, peu après cette interview.