Islamistes arrêtés: Accusé de djihadisme, Forsane Alizza réfute tout lien terroriste

ENQUÊTE a garde à vue de seize des dix-sept islamistes radicaux présumés, soupçonnés de vouloir faire le djihad en France et arrêtés vendredi, a été prolongée ce lundi...

© 2012 AFP
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Dix-sept islamistes radicaux présumés, maintenus dimanche en garde à vue plus de 48H00 après leur arrestation, sont soupçonnés par les enquêteurs de vouloir "faire le jihad en France" autour du groupuscule dissous Forsane Alizza, ce que réfute l'entourage de certains d'entre eux.
Dix-sept islamistes radicaux présumés, maintenus dimanche en garde à vue plus de 48H00 après leur arrestation, sont soupçonnés par les enquêteurs de vouloir "faire le jihad en France" autour du groupuscule dissous Forsane Alizza, ce que réfute l'entourage de certains d'entre eux. — Fred Dufour afp.com

La garde à vue de seize des dix-sept islamistes radicaux présumés arrêtés vendredi a été prolongée ce lundi, a-t-on appris de sources proches de l'enquête. L'un des gardés à vue a été relâché à Toulouse, selon ces sources proches de l'enquête.

Maintenus dimanche en garde à vue plus de 48h après leur arrestation, seize islamistes radicaux présumés sont soupçonnés par les enquêteurs de vouloir «faire le djihad en France» autour du groupuscule dissous Forsane Alizza, ce que réfute l'entourage de certains d'entre eux. L'enquête est centrée sur le groupuscule salafiste radical dissous en février Forsane Alizza («Les Cavaliers de la Fierté»), dont le «porte-parole», Mohamed Achamlane, a été arrêté lors du coup de filet opéré vendredi en Ile-de-France, à Toulouse, Marseille, dans les régions nantaise, lyonnaise et dans le Gard.

Ont été saisis «beaucoup d'ordinateurs, des puces, de l'armement, de l'argent, 10.000 euros en petites coupures, quatre kalachnikov, huit fusils, sept ou huit armes de poing, un taser, des bombes lacrymogènes...» et «un lot impressionnant de kalachnikov à Marseille», a détaillé dans La Provence le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini. Au moins deux de ces kalachnikov sont inaptes au tir, selon une source proche de l'enquête.

«Un illuminé, violent»

Malgré la dissolution de Forsane Alizza, les membres de ce «groupe constitué, d'une véritable dangerosité» continuaient «à suivre un entraînement physique», «recherchaient des armes», selon Bernard Squarcini. «L'idée c'est de faire le djihad en France» et «ils semblaient préparer un enlèvement», a-t-il ajouté. Mohamed Achamlane, un Français de 34 ans, avait récemment jugé «possible» un recours à la lutte armée «si l'islamophobie s'intensifie». Sur son site, désormais fermé, le groupuscule recherchait «toutes sortes de compétences mais surtout des soldats!»

Achamlane «réfute fermement» tout lien avec une entreprise terroriste, selon son avocat Me Benoit Poquet. Il répond «calmement» aux enquêteurs, a-t-il dit à l'AFP. Autre figure de Forsane Alizza, un Français de 23 ans, Samir A., interpellé à Bagnols-sur-Cèze (Gard), est décrit par des voisins comme «un illuminé, violent», selon Midi Libre. Il présidait l'association écran du groupuscule salafiste.

D'autres membres du groupe dissous ont été arrêtés dans le Rhône: un Français de 36 ans, à Villeurbanne, décrit par ses voisins comme un père de famille «discret mais poli», et un Algérien de 49 ans, à Givors, qui selon une voisine de son HLM portait un turban et était entièrement vêtu de noir comme toute sa famille. En 2010, il avait été condamné à deux ans de prison dont un ferme pour avoir privé de soins ses cinq enfants qui ne sortaient jamais, étaient privés d'école et carencés en vitamine D par manque d'exposition au soleil.

Dénoncer «l'islamophobie grimpante»

Selon des témoignages recueillis par l'AFP, parmi les autres membres de Forsane Alizza interpellés figurent un Français de 35 ans arrêté à Toulouse, assistant ingénieur selon La Dépêche du Midi, et un autre âgé de 43 ans arrêté dans les Hauts-de-Seine. A Toulouse aussi, un agent de sécurité du métro de 23 ans a été interpellé, selon sa demi-soeur qui affirme ne lui connaître aucun lien avec Forsane Alizza. Il n'a jamais eu affaire à la justice et sa famille lui avait interdit «certaines fréquentations» à la mosquée, où il n'allait plus, dit-elle à l'AFP, sans exclure qu'il ait pu consulter des sites islamistes.

Deux autres interpellations ont eu lieu à Marseille, dans un quartier tranquille du 5e arrondissement. Selon une voisine, il s'agit d'un homme d'une trentaine d'années qui portait une tenue religieuse traditionnelle et de sa mère, «voilée de la tête aux pieds» et récemment convertie à l'islam. Une femme en voile intégral, qui habite en région parisienne, a expliqué dimanche à l'AFP avoir quitté Forsane Alizza, qu'elle avait rejoint pour dénoncer «l'islamophobie grimpante». «Puis l'ambiance a changé avec l'arrivée de jeunes qui manquaient d'éducation», a-t-elle ajouté, assurant qu'«il n'y a pas d'entraînement armé à Forsane Alizza».

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