Euthanasie: Hans Hillebrand, 78 ans, veut être le seul à décider quand il mourra

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Il a caché quelque part dans sa maison une cinquantaine de cachets de barbituriques, pour le jour où il voudra mourir : Hans Hillebrand, 78 ans, "auto-déterministe", veut être seul à décider quand il mettra fin à ses jours.
Il a caché quelque part dans sa maison une cinquantaine de cachets de barbituriques, pour le jour où il voudra mourir : Hans Hillebrand, 78 ans, "auto-déterministe", veut être seul à décider quand il mettra fin à ses jours. — Philippe Huguen afp.com

Il a caché quelque part dans sa maison une cinquantaine de cachets de barbituriques, pour le jour où il voudra mourir: Hans Hillebrand, 78 ans, «auto-déterministe», veut être seul à décider quand il mettra fin à ses jours. «Je préfère le faire moi-même, être responsable moi-même», explique à l'AFP cet ancien chef d'entreprise, élégant et alerte, à peine voûté, qui aime l'opéra, lire et prendre soin de ses fleurs: «Je serai amené à diriger la scène finale.» Le jour où il estimera ne plus être indépendant et ne plus pouvoir participer à la vie de son petit village, situé à la frontière allemande, il «envisagera» de s'en aller.

«Je n'ai pas le moindre désir d'aller me battre» contre une maladie «méchante», assure-t-il, et être «forcé à une vie de prison et à vivre comme une larve» dans un hôpital ou une maison de repos. Plutôt que de laisser un médecin décider s'il remplit les critères fixés par la loi, qui n'autorise l'euthanasie qu'en cas de souffrances insupportables et interminables dues à une maladie incurable, il a préféré prendre les choses en main. Hans Hillebrand s'est procuré illégalement aux Pays-Bas des barbituriques. Il refuse de dire comment, reconnaissant seulement que «c'est très facile».

Rien laissé au hasard

Que son heure arrive dans cinq, dix ou vingt ans, Hans Hillebrand, qui souhaite donner son corps à la science, n'a rien laissé au hasard: les étiquettes des enveloppes pour les faire-part de décès sont déjà prêtes. «Les personnes âgées d'aujourd'hui sont d'une génération qui a eu l'habitude de décider par elle-même pour beaucoup de choses, plus que les générations précédentes», assure Ton Vink, de la fondation «De Einder». Chargé d'«informer», en toute légalité, ceux qui souhaitent mettre fin à leurs jours par leurs propres moyens, il a rencontré Hans Hillebrand à plusieurs reprises.

De plus en plus de voix s'élèvent aux Pays-Bas pour revendiquer le droit à l'aide à «partir de manière digne» une fois sa vie «accomplie» et pas seulement lorsque les critères de la loi sur l'euthanasie sont remplis. L'initiative citoyenne «Vie Accomplie», appelant à inscrire ce droit dans la loi, a ainsi recueilli près de 117.000 signatures, soit plus des 40.000 requises pour la tenue d'un débat sur le sujet devant le parlement, début mars.

«Nous voulons une solution»

«Parfois, ces gens qui veulent mettre un terme à leur vie doivent le faire d'une manière cruelle», en se jetant d'un pont, sous un train ou en s'immolant, soutient Walburg de Jong, porte-parole de l'Association pour une fin de vie volontaire (NVVE). D'un âge avancé, parfois infirmes, contrairement à Hans Hillebrand, ils ne sont plus capables de se procurer illégalement des médicaments et doivent choisir une option plus radicale, assure-t-elle. «Nous voulons une solution», assure-t-elle, soulignant que celle-ci reste à trouver.

Un livre, La solution, écrit par le psychiatre Bowdewijn Chabot et paru en février 2010, explique comment mettre fin à ses jours en détaillant les médicaments nécessaires (barbituriques, anti-dépresseurs, opiacés...) et leur dosage. Il a été vendu à quelque 11.000 exemplaires.