Vaste coup de filet dans les milieux islamistes: 19 personnes arrêtées

JUSTICE Ces interpellations «vont continuer», a affirmé Nicolas Sarkozy...

Enora Ollivier, avec agences

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Illustration de policiers.
Illustration de policiers. — P.EMILE / SIPA

La police a procédé ce vendredi matin à une vingtaine d'interpellations dans les milieux islamistes radicaux en France, plus d'une semaine après la mort de Mohamed Merah, le tueur au scooter, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Nicolas Sarkozy, interrogé sur Europe 1, a confirmé cette information, indiquant que 19 personnes avaient été arrêtées. Ces interpellations dans les milieux islamistes «vont continuer», a prévenu le chef de l'Etat, qui signale qu'«il y aura d'autres opérations qui continueront et qui permettront d'expulser du territoire national des gens qui n'ont rien à y faire».

Les arrestations ont notamment été effectuées à Toulouse, dans le quartier populaire du Mirail, par des hommes de l'unité d'élite du RAID et de la sous-direction antiterroriste. Elles ont également eu lieu à Marseille, au Mans, et dans l'agglomération nantaise, dans un pavillon de la commune de Couëron. Des armes, notamment «des kalachnikovs» ont été saisies, a révélé Nicolas Sarkozy.

Le groupe Forsane Alizza visé par l'opération

Les suspects sont des proches  du groupe dissous Forsane Alizza, dont les dirigeants sont installés en région nantaise. Ce groupe menait des actions épisodiques, notamment contre la loi sur le voile intégral, destinées à être filmées et diffusées sur le net. En janvier, Fosarne Alizza («Les cavaliers de la fierté») avait prévenu que «si l'islamophobie s'intisifi(ait) de jour en jour», il n'excluait pas la lutte armée.

L'ancien chef du groupe, Mohammed Achamlane, fait partie des interpellés. Une kalachnikov et un pistolet glock ont notamment été retrouvés à son domicile.

Mohammed Achamlane s’était notamment fait connaître au moment de la condamnation de deux des compagnes de Lies Hebbadj pour port du voile intégral. «On appelle la communauté à serrer les rangs, maintenant», avait-il alors déclaré. «On a patienté, on n'a rien dit, on a baissé notre tête, on a fait les canards, maintenant il faut se réveiller!». L’ex-leader de Fosarne Alizza assurait ne pas «appeller au terrorisme» mais à l’«l'auto-défense, à la légitime défense». «On n'a peur ni des magistrats, ni des tribunaux, ni de la police, ni de rien du tout!», clamait-il.

Une opération «pas directement liée» à l'affaire Merah

Ce vaste coup de filet n'est «pas directement lié» à l'enquête sur les crimes de Merah, a affirmé une source policière à l'AFP, mais ilmenée dans le cadre de l'affaire Merah, et a pour but de «démanteler des filières».

Cependant, a déclaré Nicolas Sarkozy ce vendredi matin, «le traumatisme» des drames de Toulouse et Montauban «a été très fort» et «on ne pouvait pas rester sans en tirer de conclusion».

Juste après la mort du tueur, le 22 mars, le procureur de Paris François Molins avait indiqué que les investigations allaient «porter désormais sur la recherche de tout complice». Nicolas Sarkozy avait également demandé à la police de procéder à l'«évaluation» de la dangerosité des personnes connues pour entretenir des sympathies avec l'islam radical. Après le refus d'Alger d'accueillir  la dépouille de Mohamed Merah, ce dernier a été enterré jeudi soir, dans le cimetière de Cornebarrieu, dans la banlieue de Toulouse.

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