Le procès d'Adlène Hicheur s'ouvre sur fond d'affaire Mohamed Merah

JUSTICE Le physicien nucléaire franco-algérien est jugé depuis ce jeudi à Paris. Il est accusé d'avoir préparé un attentat...

M.Gr avec Reuters

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Halim Hicheur à côté de son père, avant le début du procès d'adlène Hicheur, jeudi 29 mars à Paris
Halim Hicheur à côté de son père, avant le début du procès d'adlène Hicheur, jeudi 29 mars à Paris — Thibault Camus/AP/SIPA

Même s'il n'existe aucun lien direct avec les crimes du «tueur au scooter», la défense d'Adlène Hicheur, qui plaide sa relaxe, dit craindre qu'il ne pâtisse de la relance du débat sur la menace terroriste. Adlène Hicheur est en effet suspecté d'avoir préparé en 2009 un attentat en France.

Fait exceptionnel, le tribunal examine jusqu'à vendredi des projets d'attentats supposés qui n'ont été formulés que dans des conversations sur Internet. La défense y voit un abus de droit, car selon elle les conversations n'avaient qu'une teneur intellectuelle et quasi abstraite.

Trente-cinq messages retenus par l’accusation

Le tribunal a cependant mis en difficulté le prévenu en lisant les 35 messages retenus par l'accusation, où il est notamment question de l'ouverture d'un compte bancaire anonyme en Suisse et de cibler une unité militaire française basée près d'Annecy, engagée en Afghanistan.

L'accusation souligne que les échanges étaient cryptés par un procédé technique et que l'interlocuteur d'Adlène Hicheur était un militant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mustapha Debchi. Ce dernier déclare à Adlène Hicheur dans un message: «Sarko et les bouffeurs de fromage qui puent, leur heure ne vas pas tarder, ils ne sont pas à l'abri».

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Lors de la perquisition au domicile d'Adlène Hicheur dans l'Ain, de la documentation sur le djihad et l'islamisme a été découverte, a exposé le tribunal. Glabre, veste ordinaire et lunettes métalliques, le suspect a répondu: «Ce n'est pas parce qu'on lit des choses qu'on approuve ce qu'on lit».

Il ajoute que si l'on veut punir l'Etat français de son engagement en Afghanistan, il est possible de s'en prendre au bataillon situé près d'Annecy. Sur ce dernier point, le prévenu a dit aux juges: «Je fais amende honorable». Il a expliqué qu'il était alors en arrêt maladie, cloué à son domicile.

Le tribunal a relevé qu'il écrivait aussi dans les messages à son interlocuteur algérien: «Ce qui nous reste à faire c'est de constituer une unité de combat (...) dont l'objectif essentiel est de frapper l'ennemi dans son antre».

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Appuyés par la Ligue des droits de l'homme et un comité de soutien, les proches et la famille du prévenu sont venus le soutenir en nombre au tribunal. «Adlène est déterminé, combatif, il est heureux de pouvoir s'expliquer alors qu'on le lui refuse depuis deux ans et demi», a dit son frère aux journalistes.

Détenu depuis octobre 2009 et poursuivi pour «association de malfaiteurs en vue de commettre un acte de terrorisme», Adlène Hicheur encourt jusqu'à dix ans de prison.

La défense du prévenu conteste la nature terroriste d'échanges écrits non suivis d'actes et dit qu'il n'est pas à ses yeux prouvé que l'homme auquel Adlène Hicheur parlait était le militant d'Al Qaïda nommé par l'accusation.

Le procès se poursuit jusqu'à vendredi soir, après quoi le jugement sera mis en délibéré.