Un détenu de la maison d'arrêt de Fresnes s'est évadé mercredi d'un hôpital du Val-de-Marne où il s'était rendu pour un examen médical, a-t-on appris de source policière.
Un détenu de la maison d'arrêt de Fresnes s'est évadé mercredi d'un hôpital du Val-de-Marne où il s'était rendu pour un examen médical, a-t-on appris de source policière. — Fred Dufour afp.com

JUSTICE

Procès d'Adlène Hicheur: Dangereux terroriste ou internaute imprudent?

Le procès d'Adlène Hicheur, emprisonné depuis deux ans et demi, s'ouvre ce jeudi à Paris. Le physicien franco-algérien est accusé d'activités terroristes, pour avoir échangé des messages sur des sites Internet dits «islamistes». Il risque jusqu'à dix ans de prison...

L’affaire pour laquelle Adlène Hicheur est jugé trouve une résonnance particulière avec celle de Mohamed Merah. Notamment avec  les annonces sécuritaires de Nicolas Sarkozy qui ont suivi.

Rappel des faits. Le 8 octobre 2009, Adlène Hicheur est arrêté chez ses parents, en Isère. Placé en garde à vue, il est ensuite mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, puis incarcéré à la prison de Fresnes.

C’est dans cette prison près de Paris que depuis deux ans et demi, ce physicien franco-algérien du Cern (Centre européen pour la recherche nucléaire) à Genève, attend son procès. «Une période de détention provisoire particulièrement longue. Mais qui aurait même pu aller jusqu’à trois ans, le maximum autorisé, puisque le procès se déroule dans le cadre de l’anti-terrorisme», précise Patrick Baudouin, l’avocat d’Adlène Hicheur.

«Il a pu se laisser aller à se faire peur»

L’homme, âgé aujourd’hui de 35 ans, est l’unique accusé dans cette affaire. «Il est poursuivi quasi exclusivement pour des propos et des échanges sur le Net», précise son avocat. «L’accusation nous dit qu’il s’agissait d’échanges avec un cadre de l’Aqmi, mais ils n’en ont pas apporté la preuve. De son côté, Adlène Hicheur a toujours soutenu qu’«il ne connaissait pas les personnes avec qui il échangeait».

Les faits se sont déroulés entre septembre 2008 et septembre 2009, surtout au printemps 2009, précise son avocat. A cette époque, le physicien est immobilisé pendant trois mois, des suites d’une opération. C’est là qu’il se met à surfer sur des forums et des sites «islamistes». «Il a pu se laisser aller à se faire peur au-delà de ce qu’il aurait dû dire, il le reconnaît lui-même», explique son avocat.

Une trentaine de mails échangés

Fin décembre 2007, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait ouvert une procédure, après l’envoi d’un mail à l’Elysée, contenant un communiqué d’Al-Qaïda. Derrière le pseudo utilisé, se cachait un homme proche des mouvances islamistes. En surveillant sa correspondance, la DCRI aurait alors constaté que l’un de ses contacts avait eu des échanges avec l’un des comptes mail d’Adlène Hicheur.

L’accusation ciblerait ainsi une trentaine de mails échangés avec le Franco-Algérien. «Et quand on lit la totalité des courriers, on peut se demander si l’interlocuteur n’était pas en train d’essayer d’endoctriner mon client. Mais ce dernier n’a jamais franchi le stade des échanges virtuels et n’est jamais entré dans un projet précis», détaille Patrick Baudouin.

Des propos qui ont pu inquiéter

Pour l’avocat, il est pourtant clair que «les propos échangés ont pu inquiéter. Et il appartiendra à Adlène Hicheur de les expliquer». Mais l’avocat souligne par ailleurs que «les propos ne font pas d’une personne un terroriste». La justice va devoir trancher. Elle a deux demi journées pour le faire. Le verdict, attendu vendredi soir, pourrait intervenir «plus probablement dans les jours suivants ».