Affaire Mohamed Merah: A la recherche du troisième homme

ENQUÊTE idé par son frère Abdelkader, le jeune djihadiste aurait bénéficié d'autres complicités avant d'accomplir ses forfaits meurtriers...

Corentin Chauvel avec Reuters

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La police scientifique éffectue des relevés devant le collège juif Ozar Hatorah où a eu lieu une fusillade tuant quatre personnes dont trois enfants à Toulouse. Lundi 19 mars 2012.
La police scientifique éffectue des relevés devant le collège juif Ozar Hatorah où a eu lieu une fusillade tuant quatre personnes dont trois enfants à Toulouse. Lundi 19 mars 2012. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Si Mohamed Merah a agi seul lors de ses trois assauts meurtriers, il aurait bien bénéficié de complicités à plusieurs reprises pour arriver au résultat final. Un «troisième homme» apparaît ainsi plusieurs fois, à divers moments de la préparation des attaques du jeune djihadiste, mort jeudi dernier, abattu par le Raid.

Pour le moment, le seul complice connu, mis en examen et écroué, est son frère Abdelkader qui était notamment présent lors du vol du scooter, au début du mois. Mais une troisième personne se trouvait avec eux ce jour-là. Tout comme la fois où l’un des deux frères s’est présenté à un concessionnaire moto pour l'achat d'accessoires et voir comment désactiver un système de détection par satellite. Mais dans ce dernier cas, une employée du concessionnaire a affirmé à Libération mardi que «Mohamed Merah est rentré tout seul».

Qui a monté et posté la vidéo?

La vidéo des tueries de Toulouse et Montauban, envoyée à Al-Jazira, suscite également des interrogations sur de possibles complicités, aussi bien sur son montage que son expédition. D’abord, Mohamed Merah ne possédait pas d'ordinateur chez lui pour préparer le montage de copies des films pris avec la mini-caméra qu'il portait sanglée sur lui lors de ses équipées meurtrières.

Ensuite, concernant l’envoi de la vidéo, si le pli aurait pu être envoyé de n’importe quel bureau de la région toulousaine malgré le cachet du centre de tri de Castelnau-d'Estrétefonds (Haute-Garonne), les enquêteurs ont la quasi certitude que la personne qui l’a posté n'était pas Mohamed Merah.

A l’heure actuelle, «les mecs qui ont quelque chose à se reprocher se cachent sûrement», a confié mardi une source policière à 20 Minutes. Ces personnes seraient issues de la mouvance islamique toulousaine, Mohamed Merah ayant entretenu des relations avec des membres d’une filière de djihadistes démantelée entre 2005 et 2007. Condamnés en 2009, «la plupart d’entre eux sont déjà sortis de prison aujourd’hui», a précisé à 20 Minutes un avocat chargé du dossier. Reste à les localiser.

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