Deux semaines sans devoirs au programme

EDUCATION La FCPE lance une initiative pour débattre de l'intérêt du travail à la maison...

Delphine Bancaud

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Selon la FCPE, les devoirs à la maison « ne font qu'accentuer les inégalités entre les enfants ».
Selon la FCPE, les devoirs à la maison « ne font qu'accentuer les inégalités entre les enfants ». — B. LEVY / SIPA

Un vent de contestation va-t-il souffler dans les écoles? La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) et l'Institut coopératif de l'école moderne (Icem-Pédagogie Freinet) invitent à partir de ce lundi les enseignants et les parents à vivre une quinzaine de jours sans devoirs à la maison. «Personne n'en a jamais prouvé l'utilité et ils ne font qu'accentuer les inégalités entre les enfants; selon qu'ils peuvent ou non bénéficier d'aide», explique Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE. Dénonçant une forme de «sous-traitance pédagogique», il estime aussi que les devoirs à la maison rallongent le temps scolaire, «alors même que le ministère de l'Education projette de réformer les rythmes scolaires, jugés trop lourds». Pour accompagner sa campagne, la FCPE a mis en ligne un blog, qui fourmille de témoignages de parents et d'enseignants.

Un «calvaire»

Parmi eux, Florence Thinard, de Toulouse, maman d'un garçon de 10 ans, raconte le «calvaire» des devoirs à la maison. «Pour mon fils, rester assis en classe pendant des heures pour ingurgiter plein d'informations et se remettre à travailler le soir a toujours été pénible, confie-t-elle à 20 Minutes. Je dois souvent le tanner avant qu'il accepte de s'y atteler. Cela prend au moins une demi-heure par soir et certains week-ends, on a même dû y consacrer une demi-journée. Ça s'est fini plusieurs fois en crise de larmes. De plus, je trouve que les devoirs révèlent une injustice criante: certains parents ont la possibilité de faire réviser leurs enfants, d'autres pas. Et les rares soirs où mon fils n'avait pas de devoirs, il en profitait pour faire du sport, jouer ou bouquiner... Des activités qui contribuent davantage à son équilibre.» Alors cette semaine, Florence Thinard compte bien discuter de l'initiative de la FCPE avec l'instituteur de son fils. «S'il est sensible à cette démarche, j'inciterai mon fils à y participer.»