Tueries de Toulouse: Abdelkader Merah, instigateur ou bouc émissaire?

TERRORISME Le frère de Mohamed Merah a été mis en examen et placé en détention provisoire, dimanche...

William Molinié
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Le frère de Mohamed Merah est arrivé samedi matin au siège de la DCRI, à Levallois Perret.
Le frère de Mohamed Merah est arrivé samedi matin au siège de la DCRI, à Levallois Perret. — Christophe Ena/AP/SIPA

Quel rôle a joué Abdelkader Merah, le grand frère de Mohamed, dans les trois tueries de Toulouse et Montauban? Les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT) sont convaincus qu'il ne pouvait pas ignorer les projets de son frère. Et même qu'il aurait participé à la préparation de ces sept meurtres. Après quatre jours de garde à vue, cet homme de 29 ans, fiché en France comme intégriste religieux, a été mis en examen et placé en détention provisoire dimanche, notamment pour «complicité d'assassinats» et «association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme».

>> L'interview de l'avocat de la compagne d'Abdelkader Merah à lire par ici

Quatre juges d'instruction antiterroriste ont été saisis de l'affaire. «Sa participation comme complice» est «vraisemblable», a indiqué un communiqué du procureur. «C'était certainement lui le grand manitou», explique un policier qui désigne Abdelkader comme «le cerveau» de l'opération, à la différence de Mohamed, «le gros bras». D'après les premières investigations, les frères Merah ont volé ensemble le 6 mars dernier à Toulouse le scooter repéré lors des trois tueries. Il aurait aussi accompagné son cadet chez le concessionnaire Yamaha pour se renseigner sur la procédure à suivre afin de désactiver le système de géolocalisation.

Son nom était apparu dans un dossier en 2007

Les informations dont disposaient les enquêteurs de la DCRI, avant que le Raid ne tente d'interpeller Merah chez lui mercredi à 3h30 du matin, ont poussé la justice à placer en garde à vue ses proches. Sa belle-sœur, la femme d'Abdelkader, a été relâchée dans la matinée de dimanche. «Elle n'avait pas connaissance d'une vie parallèle de son mari. Quand elle lui posait des questions, il lui disait que cela ne la regardait pas. Elle ne se doutait de rien», assure Me Guy Debuisson, son avocat. La mère des frères Merah, Zoulikha Aziri, elle aussi relâchée sans aucune charge retenue, a raconté aux enquêteurs qu'elle voyait «rarement» son fils Mohamed, selon Me Jean-Yves Gougnaud, son avocat. «Le Raid a voulu qu'elle lui parle lorsqu'il était retranché dans son appartement. Elle a refusé, expliquant qu'ils s'étaient brouillés pour des broutilles.»

Abdelkader Merah nie avoir aidé son cadet. Dimanche, son avocate a démenti les propos qui lui étaient attribués faisant état de sa fierté quant aux actes de son frère. Selon son conseil, il ne veut pas être un «bouc émissaire». En 2007, son nom était déjà apparu dans un dossier de filières d'approvisionnement de djihadistes en Irak. Plusieurs personnes avaient été interpellées à Toulouse. Mais finalement, lui avait été écarté de tout soupçon.

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