Affaire Merah: Le frère de Mohamed Merah mis en examen et incarcéré

FAIT-DIVERS Alors que sa compagne a été libérée...

Avec Reuters

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Le frère de Mohamed Merah est arrivé samedi matin au siège de la DCRI, à Levallois Perret.
Le frère de Mohamed Merah est arrivé samedi matin au siège de la DCRI, à Levallois Perret. — Christophe Ena/AP/SIPA

Le frère aîné de Mohamed Merah, l'auteur des tueries de Montauban et Toulouse, a été mis en examen dimanche pour «complicité d'assassinats», notamment, et placé en détention. Abdelkader Merah, âgé d'une trentaine d'années, est visé par les chefs de «complicité d'assassinats», «association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme» et «vol en réunion» pour le vol du scooter qui a servi à Mohamed Merah pour l'exécution de ses crimes.

Le parquet de Paris avait ouvert dimanche matin une information judiciaire pour ces trois chefs, déclarant dans un communiqué disposer d'«indices graves ou concordants» à l'encontre d'Abdelkader Merah. Quatre juges antiterroristes ont été saisis de l'affaire. Le lieu d'incarcération d'Abdelkader Merah n'a pas été précisé. Son avocate Me Anne-Sophie Laguens, commise d'office, a déclaré à la presse qu'il condamnait les actes de son frère cadet, abattu par les policiers du Raid jeudi dernier à Toulouse, et qu'il espérait ne pas devenir le bouc émissaire de cette affaire sans précédent en France.

Fiché comme intégriste religieux

«Il y a eu des fuites dans la presse qui étaient fausses, à savoir qu'il aurait dit qu'il était "fier" des actes de son frère. Il tient aujourd'hui à bien exprimer le fait que c'est faux», a-t-elle rapporté. «Il les condamne fermement. Il a un peu l'impression que comme on n'a pas pu faire le procès de son frère qui n'est plus là aujourd'hui, peut-être qu'on se reporte sur la seule personne qu'on a». Fiché en France comme un intégriste religieux, il avait été inquiété pour sa participation présumée à une filière d'acheminement de djihadistes en Irak il y a quelques années, sans être mis en examen.

Abdelkader Merah avait été interpellé mercredi avec sa compagne à leur domicile d'Auterive, à 40 km de Toulouse, et transféré samedi matin à la sous-direction antiterroriste (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), près de Paris. Il avait été transféré au palais de justice de Paris dimanche matin après une garde à vue de 96 heures, durée maximale autorisée en matière d'affaires de terrorisme. Sa compagne a pour sa part été libérée vers 4h30, a-t-on appris auprès de son avocat toulousain, Me Guy Debuisson, qui assure que la jeune femme ignorait tout de la double vie présumée d'Abdelkader Merah.

A ce stade de l'enquête, aucune charge ne peut être retenue à l'encontre de Zoulikha Aziri, la mère des frères Merah dont la garde à vue avait été levée vendredi soir à Toulouse, et de la compagne d'Abdelkader Merah, a indiqué le parquet. Il a reconnu sa complicité dans le vol du scooter Yamaha T-Max tout en niant être au courant des projets meurtriers de son frère cadet, a-t-on ajouté de même source.

D'autres complicités?

Les enquêteurs cherchent à déterminer si Mohamed Merah a bénéficié d'autres complicités. La justice a la conviction que Merah était seul lors des tueries mais l'enquête doit déterminer s'il a agi pour le compte d'une organisation et s'il a bénéficié d'un soutien logistique. Sans emploi, Mohamed Merah disposait de nombreuses armes, avait effectué plusieurs voyages à l'étranger et loué deux voitures fin février en vue de perpétrer d'autres attentats, selon une source policière citée par Le Journal du Dimanche.

Selon un compte rendu publié dans le JDD, des échanges via talkie-walkie que Mohamed Merah a eus avec les policiers du Raid, le jeune homme affirmait avoir agi seul après avoir été entraîné par un instructeur unique au Waziristan, région pakistanaise limitrophe de l'Afghanistan. Il disait ne pas avoir confiance en son frère. Le directeur de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), Bernard Squarcini, a déclaré qu'Abdelkader Merah avait effectué plusieurs séjours au Caire pour suivre des cours dans une école coranique.

Les taliban pakistanais (TTP) ont affirmé dimanche à Reuters par la voix d'un porte-parole que Mohamed Merah avait subi un entraînement dans un camp du groupe islamiste au Waziristan. Selon une source policière, la mère du tueur a épousé le père d'un homme qui appartenait à un groupe de l'Ariège dont les membres ont été condamnés pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» en 2009. Les services de police auraient mis en évidence à partir de 2008 les liens entre les frères Merah et ce groupe, hébergé par un chef religieux autoproclamé, un Français né en Syrie surnommé «l'émir blanc».

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