Affaire Florence Cassez: «Il y a un espoir» pour la libération de la Française, selon Alain Juppé

JUSTICE La Cour suprême du Mexique va produire un nouveau rapport qui pourrait cette fois-ci conduire à une issue positive...

M.P. avec Reuters

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Florence Cassez dans sa prison a Mexico City, Novembre, 2007
Florence Cassez dans sa prison a Mexico City, Novembre, 2007 — BENJAMIN CHARLES/SIPA

Si la Cour suprême mexicaine a rejeté mercredi la remise en liberté de Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement en 2008, «il y a un espoir», selon Alain Juppé. Invité d’Europe 1 ce jeudi matin, le ministre des Affaires étrangères a expliqué: «il y a un espoir puisque précisément les juges ont reconnu qu'il n'y avait pas eu un vrai procès, et ça c'est un progrès très important».

«Nous constatons que la justice mexicaine reconnaît que Florence Cassez n'a pas eu un procès équitable, ce que nous pensions depuis longtemps, et donc il faut aujourd'hui qu'elle puisse avoir un traitement équitable et recouvrer sa liberté parce qu'il y a beaucoup de raisons de penser qu'elle est innocente», a-t-il ajouté. 

Sur les cinq juges de la Cour suprême, deux juges ont voté pour la libération de la Française, deux pour un procès en révision et un seul a voté contre. A Mexico, un responsable judiciaire a indiqué mercredi que, comme au moins trois juges ont décidé que les droits de la Française avaient été bafoués, la Cour suprême était dans l'obligation de réfléchir à un nouveau moyen de régler ce dossier, ce qui pourrait conduire à la tenue d'un nouveau procès.  

Il faudra cependant attendre «de nombreux mois», a souligné Me Franck Berton, pour qu'un nouveau rapport soit examiné par la Cour suprême. La source judiciaire a ajouté, sans plus de précisions, que de nombreux obstacles procéduraux devront être franchis avant tout nouveau procès, a ajouté ce responsable, sans plus de précisions.  

Un espoir avec l'éventuelle alternance politique au Mexique

Incarcérée dans un centre pénitentiaire pour femmes du sud de Mexico, Florence Cassez a toujours protesté de son innocence et le déroulement de l’enquête a été contesté en France. «Nous avons un sentiment de colère, un sentiment de honte, avec une intervention du président Caldéron, du pouvoir exécutif qui est intervenu directement à la télévision  auprès des juges. Dans quel état de droit est-on au Mexique?», s’est agacé Franck Berton.

Le président mexicain, qui a toujours prôné la fermeté dans le dossier Cassez  a en effet déclaré lundi à la télévision: « Que signifie la justice? Une double obligation fondamentale: quiconque commet un crime est correctement jugé et puni, et l'interprétation de la loi n'est jamais une faille permettant (aux criminels) de fuir impunément mais au contraire l'instrument vrai par lequel le juge rend la justice». Ce dossier judiciaire, a pris une dimension politique en France comme au Mexique - empoisonnant d’ailleurs les relations entre les deux pays - et la présidentielle organisée en juillet au Mexique pourrait permettre une nouvelle avancée dans ce dossier. Enrique Pena Nieto, le parti révolutionnaire institutionnel, le favori des sondages,  a déjà dit qu’il était favorable à un recours judiciaire.