Pourquoi le Raid mise sur la stratégie de l'épuisement?

DÉCRYPTAGE près plus de 30 heures de siège, les policiers maintiennent leur siège sans donner l'assaut, préférant maintenir la pression sur le forcené toulousain...

Nicolas Bégasse
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La police encercle le domicile du suspect des tuerie de Toulouse et Montauban sont évacués. A Toulouse, le 21 mars 2012.
La police encercle le domicile du suspect des tuerie de Toulouse et Montauban sont évacués. A Toulouse, le 21 mars 2012. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Quelle est la stratégie actuelle du Raid?

Le Raid a d’abord privilégié l’assaut, mercredi matin peu après 3h du matin, mais les policiers ont été accueillis par des coups de feu et deux d’entre eux ont été blessés. Ce sont les négociations qui ont pris le relais, les policiers tentant d’installer une relation de confiance avec le forcené et de jouer sur des ressorts affectifs. «Le but, c’est de lui montrer que la vie mérite d’être vécue», explique un ancien du Raid interrogé par le Monde. Depuis la perte du contact avec Mohamed Merah mercredi soir, c’est la stratégie de l’intimidation et de l’épuisement physique et mental qui est privilégiée, avec «une mise sous tension constante qui correspond à une stratégie normale» de l’unité de police, selon un ancien du Raid interrogé sur iTélé.

Pourquoi ne peut-on pas l’enfumer ou l’endormir?

Un ancien négociateur du Raid interrogé par France TV Info explique, au sujet de l’utilisation d’un gaz neutralisant: «En France, c'est illégal. Il existe toute une jurisprudence à ce sujet et elle ne nous permet pas d'utiliser ce type d'arme.» Et même si usage en était fait, l’ancien du Raid interrogé par le Monde explique que «si Mohamed Merah s'aperçoit qu'on tente de le droguer, ses réactions seront imprévisible: suicide, fusillade, ou, simplement, fuite dans une autre pièce.» Un autre ancien du Raid souligne par ailleurs sur BFMTV qu’il n’y a «pas d’otage, donc pas besoin de se précipiter. Prenons le temps.»

Une intervention des policiers est-elle envisageable?

«Envisageable», c’est le mot qu’a employé Claude Guéant jeudi au sujet d’une intervention. Sur RTL, prié de dire si la police allait donner l'assaut, le ministre a dit: «Il va falloir que nous en sortions, ça c'est clair.» Un ancien du Raid interrogé par 20 Minutes va aussi dans ce sens: «S’il ne veut pas se rendre, son état de dangerosité sera trop avancé et une décision d’assaut sera impérative.» En effet, même si, comme le relève le Figaro, un forcené dans la situation de Mohamed Merah tient rarement plus de 30 heures sans sommeil, certains sièges de ce type ont duré très longtemps. L’ancien du Raid interrogé par France TV info indique ainsi que «la prise d'otages à la maternelle de Neuilly-sur-Seine, en 1993, avait duré 46 heures. Et le record s'élève à 48 heures de négociation, dans un établissement pénitentiaire.»