Tueur de Toulouse: Le renseignement français mis en cause par Marine Le Pen

Avec Reuters
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Marine Le Pen a mis en cause jeudi le renseignement français et le  pouvoir politique, qui à ses yeux ont commis une faute dans la  surveillance de Mohamed Merah et plus généralement dans l'évaluation de  la menace islamiste.

La candidate d'extrême-droite, qui s'exprimait sur France info,  réagissait au fait que les services français connaissaient le suspect en  raison de ses voyages au Pakistan en et Afghanistan et qu'il avait même  été interrogé sans être inquiété en novembre dernier. «On devrait tout savoir sur cet homme déjà. Très honnêtement, il  faudra qu'on ait aussi ce débat pour savoir si les services de  renseignement ont mis toutes les précautions de leur côté», a-t-elle  dit. 

«Il y a largement de quoi faire des perquisitions»

Elle a rappelé que Mohammed Merah avait montré une violence extrême  lors de certains des faits pour lesquels il a été condamné 15 fois  pendant sa minorité, notamment à une reprise où il s'était montré en  treillis militaires armé d'un sabre en se réclamant d'Al-Qaida.

Remarquant que des journalistes avaient été, eux, surveillés par la  Direction centrale du renseignement intérieur, ce qui a valu une mise en  examen à son patron Bernard Squarcini, elle a estimé que d'autres  mesures auraient pu être prises contre Mohamed Merah, comme un placement  sur écoute administrative, possible légalement. «Je pense que quand quelqu'un est condamné 15 fois, qu'il fait  l'objet de plaintes, il y a largement de quoi faire des perquisitions,  savoir si cet homme est armé», a-t-elle dit.

Mise en cause du Qatar, qui financerait l'islamisme

Elle a jugé curieux que le siège du logement de Mohamed Merah dure toujours, au moment où elle parlait, à Toulouse. «Je pense que le gouvernement a peur que si un assaut était donné et  que lors de cet assaut (Mohamed Merah) perde la vie, il y ait des  réactions dans un certain nombre de quartiers qui sont aux mains des  islamistes fondamentalistes», a-t-elle dit.

Elle déclare que l'islamisme a été sous-estimé et a mis en cause le  Qatar, qui selon elle finance le développement de l'islamisme. «On  négocie la paix civile et sociale dans un certain nombre de quartiers,  et pour cela on laisse se développer des réseaux, des influences».