Tuerie de Toulouse: L'enquête bat son plein, mais toujours aussi peu d'éléments sur le tueur

FAITS-DIVERS Pour la justice, il s'agit bien d'actes terroristes...

C.C. avec Reuters

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La police scientifique éffectue des relevés devant le collège juif Ozar Hatorah où a eu lieu une fusillade tuant quatre personnes dont trois enfants à Toulouse. Lundi 19 mars 2012.
La police scientifique éffectue des relevés devant le collège juif Ozar Hatorah où a eu lieu une fusillade tuant quatre personnes dont trois enfants à Toulouse. Lundi 19 mars 2012. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Les enquêteurs n'ont fait état ce mardi d'aucune percée dans l'enquête sur les tueries qui ont fait sept morts en une semaine dont trois enfants dans une école juive de Toulouse (Haute-Garonne), et certainement aussi trois militaires d'origine maghrébine la semaine dernière à Toulouse et Montauban (Tarn-et-Garonne).

Les enquêteurs qui le traquent avouent disposer de peu d'éléments sur un tueur au profil inédit dans les annales criminelles françaises. «Toutes les pistes seront approfondies. Aucune ne sera négligée ou abandonnée tant que les auteurs de ces crimes n'auront pas été arrêtés», a déclaré le procureur de Paris, François Molins, qui centralise l'enquête, sans donner d'élément véritablement nouveau sur cet événement «sans précédent».

Il s'agit bien pour la justice d'actes terroristes, a indiqué le procureur lors d'un point de presse au cours duquel il a parlé d'un «individu absolument déterminé, qui se sait traqué et qui est susceptible de passer à nouveau à l'acte».

Le tueur n’a pas été identifié

Le tueur, dont on sait peu de choses sinon qu'il a utilisé un scooter dans les trois cas et agi avec une froide détermination, n'a pas été identifié, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Sous la direction de magistrats antiterroristes, plusieurs centaines d'enquêteurs explorent les fichiers, mènent des dizaines d'interrogatoires et analysent les détails des trois équipées meurtrières de l'homme casqué qui se déplace sur un ou plusieurs scooters de même modèle et utilise au moins deux armes, dont un pistolet «colt 45» de calibre 11.43. Rien ne confirme qu’il portait une caméra sur lui au moment des faits, a ajouté le procureur de Paris.

Deux pistes sont privilégiées: celle d'un extrémiste islamiste, jugée la moins probable par des sources proches de l'enquête, et celle d'un fanatique d'extrême droite. Les magistrats et les policiers, déroutés par un tueur aussi effrayant qu'atypique, restent très prudents.

«C'est un tueur en série déterminé»

Le «tueur au scooter» réunit, selon des criminologues, toutes les caractéristiques du meurtrier qui se sent investi d'une mission et veut créer sa «signature». «C'est un tueur en série déterminé, ayant une expérience des armes et ayant une mission», estime ainsi Alain Bauer, professeur en criminologie au Conservatoire national des arts et métiers.

Nicolas Sarkozy était ce mardi auprès d'enfants pour observer une minute de silence, comme tous les écoliers de France. «Quand on attrape une petite fille pour lui mettre une balle dans la tête sans lui laisser aucune chance, on est un monstre», a notamment déclaré le chef de l’Etat dans un collège du 4e arrondissement de Paris.

Une cérémonie en l’honneur des militaires mercredi

Nicolas Sarkozy doit assister mercredi à une cérémonie à Montauban en l'honneur des militaires victimes du tueur à laquelle seront également présents François Hollande, Marine Le Pen et François Bayrou.

Les corps des quatre victimes franco-israéliennes de la tuerie de lundi devaient être rapatriés dans la nuit de ce mardi à mercredi en Israël. Nicolas Sarkozy s'est rendu à Roissy pour leur rendre un dernier hommage. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, sera dans l'avion.