Minute de silence: «Il y a des âges où l'innocence doit prévaloir»

VOTRE AVIS Vous avez réagi au respect d'une minute de silence dans tous les établissements scolaires de France...

Christine Laemmel

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Des élèves du collège Anne-Franck de Lambersart, dans le Nord, observent une minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse, le 20 mars 2012.
Des élèves du collège Anne-Franck de Lambersart, dans le Nord, observent une minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse, le 20 mars 2012. — SIPA / AP/ Michel Spingler

Après la fusillade ayant causé la mort de quatre personnes dont trois enfants, dans un collège de Toulouse, Nicolas Sarkozy a demandé, lundi midi, le respect d’une minute de silence dans toutes les écoles, collèges et lycées de France, ce mardi à 11 heures.
 
Les enseignants ont donc eu moins de 24 heures pour organiser cette minute de silence. Sans même pouvoir parfois en informer les parents d’élèves.
 
Vous êtes nombreux à avoir vu dans cette décision une certaine précipitation, voire une maladresse. Voici une sélection de vos réactions.
 
>> Comment votre enfant a-t-il vécu cette minute de silence? Comment lui a-t-on expliqué le drame? Racontez-nous dans les commentaires ou en écrivant à reporter-mobile@20minutes.fr
 
Basim: «Je ne vois pas comment expliquer ce qu'il s'est passé sans créer de psychose chez certains enfants»
 
«En tant qu'enseignante et chargée d'école je précise que nous avons reçu cet appel que tard dans l'après midi, ce qui explique peut être que nous n'en avons pas informé les parents... Pour ma part, je ne vois pas comment expliquer à des enfants de six et sept ans ce qu'il s'est passé sans créer de psychose chez certains enfants...

Si les élèves viennent à en parler, leur fournir des explications me parait normal, mais apporter ce genre d'information, qui plus est sans l'aval des parents me parait totalement impossible, leur demander de faire une minute de silence sans explication aussi...

Donc à moins qu'un enfant soulève le sujet, je préfère ne pas éveiller des peurs et des angoisses chez des enfants... Ce qui ne m'empêche pas d'avoir du respect et de la compassion pour les familles et les victimes... Tout comme pour les familles belges qui ont perdu un enfant dans l'accident en Suisse...»
 
Veltor: «C'est faire bien peu de cas de la responsabilité de l'enseignant face à sa classe»
 
«Décréter ainsi cette minute de silence nationale, c'est faire bien peu de cas de la responsabilité de l'enseignant face à sa classe, seul juge pour appréhender la meilleure démarche pour aborder avec ses élèves cette terrible tragédie.

Par ailleurs, est-il sain que ce meurtrier probablement isolé puisse inscrire à l'emploi du temps des écoles une minute de silence? Que les enquêteurs se défoncent pour débusquer la bête, et qu'on cesse par ailleurs toutes ces surenchères guidées par le communautarisme.»
 
Facebook-fc1686c9: «Nous adultes, ne comprenons pas ce geste, alors il est difficile de l'expliquer à des enfants» 
 
«Aucune information n'a été fournie aux parents par la direction de l'école de ma fille. A titre personnel, j'ai été très touchée par la mort de ces enfants et de ce père (peu importe leur confession). Toutefois, je pense que les enfants en maternelle sont un peu jeunes pour faire cette minute de silence.

De toutes les manières, nous adultes, nous ne comprenons pas ce geste, alors il est difficile de l'expliquer à des enfants ou des ados. Nous sommes juste en mesure de faire l'interprétation des images.»
 
Zarcobx: «Il y a des âges où l'innocence doit prévaloir»
 
«J'espère que ni ma fille en CP ni celle en maternelle n'auront eu des explications. Il y a des âges où l'innocence doit prévaloir, confronter de jeunes enfants à ces drames ne sert à rien. Et qu'on ne me parle pas de surprotection. A quatre, cinq ou six ans, ces sujets ne doivent pas exister même s'il faut malgré tout évoquer les changements sur par exemple le mode d’accueil à l'école ou la présence éventuelle de policier à certains endroits.»