Tueur au scooter: Comment la traque s'organise à Toulouse

ENQUÊTE ur le terrain comme sur le Web, la chasse à l'homme s'organise pour retrouver l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban...

Julien Ménielle

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Une fusillade a eu lieu au collège juif Ozar  Hatorah tuant quatre personnes dont trois  enfants dans ce collége de Toulouse. Lundi 19 mars 2012.
Une fusillade a eu lieu au collège juif Ozar Hatorah tuant quatre personnes dont trois enfants dans ce collége de Toulouse. Lundi 19 mars 2012. — FREDERIC SCHEIBER/20 MINUTES

Dans un sud-ouest traumatisé par les tueries à répétition, le plan Vigipirate a viré à l’écarlate. Dans le même temps, la chasse à l’homme a été lancée pour retrouver celui qui a déjà fait sept victimes en moins de dix jours. Jusqu’ici, le tueur au scooter a frappé tous les quatre jours et est traqué sans relâche. Les enquêteurs espèrent le retrouver avant qu’il ne passe à nouveau à l’acte.

«On a supprimé toutes les demandes de congé et on a rappelé du monde»

«Ce qui serait étonnant, c'est qu'il s'arrête», a estimé un policier interrogé par Reuters à propos du tueur. Environ 200 enquêteurs et policiers issus du renseignement sont à pied d’œuvre, soutenus par 25 policiers du Raid (l'unité d'élite de la police nationale spécialisée dans des opérations d'arrestation à haut risque). Et sur le terrain, tous les effectifs sont mobilisés.

«On a supprimé toutes les demandes de congé et on a rappelé du monde», a indiqué un policier. L’enquête se concentre sur les maigres indices à disposition: le scooter volé utilisé par le tueur, les douilles de 11.43 et de 9 mm retrouvées sur les lieux des crimes, le tatouage ou la marque repérée sur sa joue gauche par un témoin à Montauban. Et la caméra que l’homme avait sanglé autour de sa poitrine lundi à Toulouse, selon des témoignages.

Le Web scruté

Un élément qui «serait de nature à conforter le profil psychologique de l'assassin», selon Claude Guéant. Un profil qui divise les experts, même si certains évoquent un tueur de masse, à l’image du Norvégien Breivik, auteur des massacres d’Oslo, dont les enquêteurs avaient un temps pensé qu’il avait filmé ses crimes.

Un policier spécialisé surveille le Web, guettant l’apparition des vidéos de la fusillade du collège Ozar Hatorah ou de celle de Montauban qui pourrait avoir été aussi filmée grâce à une caméra fixée sur son casque. Mais si les images n’ont pour l’heure pas été diffusées, des bandes de vidéosurveillance sont à la disposition des enquêteurs.

Peu de pistes

«On ne sait pas grand-chose. Le tueur a fait bien attention à ne pas laisser d'empreintes, à ne pas laisser de traces ADN. Mais s'il continue, il peut faire une erreur», affirme une autre source proche de l'enquête citée par Reuters. Car pour l’heure, l’homme (dont le sexe n’a même pas été établi avec certitude) reste insaisissable et son caractère atypique déroute magistrats et policiers.

Les pistes sont rares. Les anciens parachutistes montalbanais, exclus de l’armée en 2008 pour leurs activités néo-nazies, auraient été mis hors de cause. Les enquêteurs continuent cependant à explorer la piste d’un activiste d’extrême-droite et, dans une moindre mesure vu le mode opératoire, d’un islamiste. Reste à savoir si l’homme agit réellement seul ou s’il fait partie d’un réseau organisé.