Réveil dans la douleur à Toulouse, au lendemain de la tuerie

FAITS-DIVERS La région est placée sous haute surveillance...

William Molinié

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Les parents d'élèves du collège juif Ozar  Hatorah consolent leurs enfants. Une fusillade a eu lieu tuant quatre personnes dont trois  enfants dans ce collége de Toulouse. Lundi 19 mars 2012.
Les parents d'élèves du collège juif Ozar Hatorah consolent leurs enfants. Une fusillade a eu lieu tuant quatre personnes dont trois enfants dans ce collége de Toulouse. Lundi 19 mars 2012. — FREDERIC SCHEIBER/20 MINUTES

De notre envoyé spécial à Toulouse

Au lendemain du drame de Toulouse, la ville Rose se réveillait dans la douleur ce mardi matin. A plusieurs coins de rue du centre de la ville, les habitants commentaient la tuerie qui a fait quatre morts, dont trois enfants, lundi dans un collège-lycée privé juif de la ville. «Nous sommes tous choqués. Beaucoup ont peur car nous sommes potentiellement tous une cible», confie Emma, une lycéenne de 16 ans, au métro Jaurès.

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La ville est en état d'alerte maximale. Le plan Vigipirate a d’ailleurs été relevé au niveau écarlate dans le département. Devant plusieurs magasins du centre, des vigiles contrôlent les sacs des clients. «Nous avons renforcé la sécurité», assure un salarié de Prosegur, une entreprise de surveillance, qui travaille à Monoprix dans le quartier du Capitole.

«L’équipe est très mobilisée. On sent l’émotion dans le magasin, entre les clients et les salariés», poursuit Philippe Fouyaté, le directeur du Monoprix.

Début de «psychose»

C’est dans cette enseigne que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, s’est rendu en début de matinée. «La philosophie du plan Vigipirate est de protéger le plus possible sur les lieux de grande affluence et d’apporter une surveillance statique et permanente à proximité des écoles», assure-t-il. Selon lui, 200 enquêteurs, dont certains issus des services de renseignements, sont mobilisés pour retrouver l'homme le plus recherché de France.

A 11h, plusieurs centaines de personnes ont observé un temps de silence sur la place du Capitole, dans le centre de Toulouse. «C'est un grand malade celui qui a fait ça», lâche une trentenaire. «Non, ce n'est pas un fou. Dire ça, c'est l'exonérer de son geste. Et d'ailleurs, la façon dont il a agit prouve qu'il connaissait les lieux. Il a forcément fait un repérage autour du collège», répond Josy, une cinquantenaire qui refuse de «tomber dans la psychose» car, selon elle, «ça donnerait crédit au tueur». Ahmed, 34 ans, estime de son côté que la «psychose a gagné du terrain». «C'est rare qu'il y ait des faits aussi graves à Toulouse. Franchement, ma femme a peur, mes enfants aussi», poursuit-il.

Dans le ciel toulousain, un hélicoptère patrouillait à la mi-journée. Selon l'AFP, la mairie de Toulouse a aussi décidé de réarmer temporairement les policiers municipaux. Le président de la République a par ailleurs annoncé lundi l'arrivée de 14 compagnies de CRS et gendarmes mobiles dans la région. «Devant l'école de mon quartier, il n’y avait personne. Aucune sécurité. J’ai l’impression que les policiers vont surtout là où il y a la presse et le ministre de l’Intérieur», s’agace Ganesh, 24 ans.