Trois soeurs fauchées sur l'A7: Les enquêteurs s'interrogent sur leur présence à pied sur l'autoroute

ACCIDENT Le point d'entrée sur l'autoroute le plus proche était à 17 kilomètres...

© 2012 AFP

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Les enquêteurs tentaient dimanche de percer le mystère de la présence, à pied en pleine nuit, de trois jeunes soeurs issues de la communauté des gens du voyage de Marseille, mortes fauchées sur l'A7 dans la Drôme après avoir dû descendre d'un train faute de billet.
Les enquêteurs tentaient dimanche de percer le mystère de la présence, à pied en pleine nuit, de trois jeunes soeurs issues de la communauté des gens du voyage de Marseille, mortes fauchées sur l'A7 dans la Drôme après avoir dû descendre d'un train faute de billet. — Jean-Pierre Clatot afp.com

Les enquêteurs tentaient ce dimanche de percer le mystère de la présence, à pied en pleine nuit, de trois jeunes soeurs issues de la communauté des gens du voyage de Marseille, mortes fauchées sur l'A7 dans la Drôme après avoir dû descendre d'un train faute de billet.

Malgré l'absence de tout papier d'identité sur les victimes, il ne fait désormais plus guère de doute qu'il s'agit de trois gitanes sédentarisées à Marseille, Carmen, 12 ans, Charlotte, 13 ans et Victorine, 19 ans, leur famille ayant confirmé leur départ depuis vendredi midi.

«Les corps sont dans un état qui rend difficile une identification et une reconnaissance absolue», a déclaré le procureur de la République de Valence, Antoine Paganelli, alors qu'un proche dépêché à la morgue de Montélimar n'a pu les identifier.

Néanmoins, «on est quasiment sûrs, mais ce n'est pas à 100%, d'avoir pu identifier trois jeunes filles d'une famille marseillaise» parties sans donner d'explications, a précisé le procureur. Les parents de cette fratrie de 18 enfants, trop effondrés pour faire le déplacement selon la gendarmerie, ne s'étaient pas inquiétés de leur départ.

Un téléphone portable découvert sur les lieux du drame

La famille, établie dans la cité de la Castellane, dans les quartiers nord de Marseille, a pu être contactée grâce à un téléphone portable découvert sur les lieux du drame.

Samedi après-midi, grâce à un appel à témoin, les trois soeurs ont été localisées vendredi après-midi à Pierrelatte, une commune de la Drôme située à une quinzaine de kilomètres du lieu de l'accident. «Un couple nous a contactés pour nous informer qu'il voyageait dans le même train, au départ de Marseille, que trois jeunes filles qui ressemblaient aux victimes», a déclaré à l'AFP un responsable de la gendarmerie. Les trois soeurs, qui voyageaient sans billet, avaient été priées de descendre de ce train en gare de Pierrelatte, selon ce couple.

Grâce aux images des caméras de surveillance, les jeunes filles ont pu être identifiées par leurs frères.

L'enquête doit faire la lumière sur les raisons et les circonstances de leur présence à pied sur l'autoroute à hauteur de Saint-Paul-Trois-Châteaux. «On se demande comment elles ont pu entrer sur l'autoroute, car le point d'entrée le plus proche est à 17 kilomètres», s'interroge le procureur de la République de Valence Antoine Paganelli.

Le déroulement de l'accident est en revanche plus clair: «Les jeunes filles marchaient sur la bande d'arrêt d'urgence quand, pour une raison encore indéterminée, elles ont traversé devant un poids lourd qui circulait sur la voie de droite. La voiture sur la voie centrale n'a pas pu les voir et les a fauchées», a expliqué à l'AFP un gendarme. Ce sont les conducteurs du camion et de la voiture ainsi que d'autres automobilistes qui ont renversé les trois gitanes qui ont prévenu les secours.

Elles auraient refusé de se mettre derrière les glissières

Le rôle d'un patrouilleur de la société d'autoroute ayant parlé aux trois jeunes filles avant l'accident a également été éclairci. Entendu samedi par les gendarmes, il a expliqué qu'elles avaient refusé d'obéir à sa demande de se mettre derrière les glissières de sécurité.

Quand il s'est arrêté à leur hauteur, deux sont parties en courant. «A celle qui est restée, il a donné les consignes de sécurité, en lui demandant de se mettre derrière la glissière pour attendre les gendarmes... En entendant le mot 'gendarme', elle se serait enfuie en courant», a précisé un responsable de la gendarmerie de la Drôme.

Le patrouilleur, qui n'a pas le droit de prendre des usagers dans son véhicule, a déclenché une alerte signalant sur les panneaux de circulation la présence de piétons, selon la gendarmerie, qui a conclu que le patrouilleur avait «fait correctement son travail».