Contre l'avis des habitants, une prison expérimentale sera bien construite à Saint-Julien-sur-Suran

PRISON Le conseil municipal s'est finalement prononcé pour le projet d'établissement ouvert sur sa commune...

Julien Ménielle

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L'ex-homme d'affaires et président de l'association «Les prisons du coeur» Pierre Botton, le 18 janvier 2012 à Paris.
L'ex-homme d'affaires et président de l'association «Les prisons du coeur» Pierre Botton, le 18 janvier 2012 à Paris. — SIPA/ Florence Durand

Un référendum pour rien. Les habitants de Saint-Julien-sur-Suran (Jura) s’étaient prononcés contre le projet, mais une prison expérimentale sortira bel et bien de terre dans ce petit village. Le conseil municipal s’est en effet prononcé mardi soir en faveur de l’initiative de Pierre Botton contre lequel 54% de ses 312 administrés avaient voté dimanche.

«Les conseillers municipaux ont écouté les 14 maires du canton, sur 15, qui avaient donné leur accord, considérant ce magnifique projet humain comme structurant pour le territoire. Ils ont aussi estimé que les habitants avaient été trompés par une campagne scandaleuse de dénonciation du projet», s’est justifiée la conseillère générale (UMP) Hélène Pélissard, citée par l’Est républicain.

Un rejet pas assez massif

Le projet est porté par l'association «Les Prisons du coeur» fondée par Pierre Botton, qui a fait 20 mois de prison dans les années 1990 pour abus de biens sociaux. La prison, «sans grillage ni barbelé», doit accueillir 120 détenus condamnés pour la première fois à des peines de moins de cinq ans, «hors crimes sexuels et crimes de sang», qui auront les clés de leur cellule et pourront travailler dans un centre commercial adjacent ou dans l'établissement.

«Il n'y a pas un village en France dont les habitants voteraient oui à l'implantation d'une prison», estimait Pierre Botton après le référendum, tandis qu’Hélène Pélissard notait que le rejet n’était pas massif . «Nous sommes très déçus que les conseillers n’aient pas tenu compte de l’avis de la population», s’est désolée Janine Keser, de l’association «Petite montagne espace de liberté», qui combat le projet.