«Ma vie sociale a été dépendante des relations de mon mari»

TÉMOIGNAGES quoi ressemblent les inégalités du quotidien quand on a 82, 58, 38 ou 18 ans?

C.La

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Quatre générations de femmes de la famille Dellier répondent à cette question.
 
>> Le témoignage de la famille Ribet-Poulbère
 
Yvette, 82 ans: «Ma vie sociale a été dépendante des relations de mon mari»
 
«J'ai vécu dans la dépendance à l'égard de mon mari, gentil, qui me laissait heureusement la liberté de «dépenser» pour la famille. Je me sentais inférieure.

Ma vie sociale a été dépendante des relations de mon mari. Mon épanouissement personnel est passé après les lessives et la cuisine dans un petit village de campagne.»
 
Chantal, 58 ans: «Monsieur discute, raconte, madame épluche, lave, met le couvert»
 
«Dans les tâches ménagères, nous ne sommes pas encore dans la bonne génération, les hommes «ne savent pas faire». Nous devons apprendre ce que nous ignorons, pas eux, ils ne se sentent que peu concernés par ce travail de femmes. Dans les discussions privées, l'homme croit toujours détenir la vérité sans remise en question, fréquente chez la femme.

Est-ce qu'un homme se soucie de la poussière ou du repassage devant le Tournoi des VI nations? Qui ira préparer le repas si des amis communs arrivent? Monsieur discute, raconte, madame épluche, lave, met le couvert.»
 
Sandy, 38 ans: «Nous avons des agendas dans nos têtes qu'eux n'ont pas!»
 
«Il y a un domaine où l'homme ne pourra jamais nous égaler, c'est la gestion des enfants. Nous avons des agendas dans nos têtes qu'eux n'ont pas! Nous pensons à tout, tout le temps! Il m'arrive fréquemment d'entendre la phrase "Ah oui, j'avais oublié!".

C'est nous qui gérons le quotidien, avec les petits bobos et les soucis. Et les enfants, de par leur éducation, ont tendance à toujours demander à "maman," qui sait quoi faire et qui est plus disponible.»
 
Marine, 18 ans: «Une femme dans la mécanique cela choque»
 
«La femme s'occupe des enfants en plus du ménage et du bricolage. L'homme, quant à lui, s'occupe de choses minimes comme la cuisine. Etant encore étudiante, je ne ressens pas vraiment une inégalité entre l'homme et la femme.

Ce que je peux remarquer, c'est qu'il y a beaucoup de stéréotypes et que l'homme et la femme ont déjà des tâches prédéfinies dès la naissance. Une femme dans la mécanique, ça choque et un homme dans la beauté comme un esthéticien cela choque aussi.»