De #Nestlé à #Kony2012, le web agite les (bonnes) consciences

DÉCRYPTAGE es campagnes pour sensibiliser à de nobles causes sont fréquentes sur le Web, qui agit comme une caisse de résonnance pour celles-ci...

Mathieu Gruel

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Greenpeace avait détourné l'image d'un produit Nestlé, pour attirer l'attention sur le sort des orang-outans
Greenpeace avait détourné l'image d'un produit Nestlé, pour attirer l'attention sur le sort des orang-outans — Capture Viméo

La campagne lancée par l’association Invisible Children, pour faire arrêter Joseph Kony, s’inscrit dans un mouvement de fond sur Internet. De la pétition en ligne à la page Facebook, en passant par la vidéo virale, tous les moyens sont bons pour mobiliser. Notamment parce que le Web est avant tout un réseau, ou l’information circule vite.

Et les ONG de tous poils, qui ont rapidement compris l’intérêt d’un tel outil, sont passées expertes en la matière. Peut-être parce qu’«elles défendent des sujets qui font appel à l’émotion», explique Camille Alloing, chercheur à l’Université de Poitiers et co-auteur du livre Développer sa présence sur Internet. L’émotion, un des vecteurs essentiels pour qu’un sujet suscite l’intérêt du public.

>>Tout comprendre de la viralité sur Internet avec notre interview d’un spécialiste, à lire par ici

Ainsi, une vidéo réalisée par Greenpeace avait mis Nestlé K.O. en 2010. L’organisation y détournait une publicité d’un produit chocolaté, pour dénoncer la déforestation qui tuait des orangs-outans. La marque suisse avait alors tenté de faire retirer ce détournement. Sans succès. Pire, elle s’était alors exposée à un effet boule de neige, les internautes partageant allégrement le spot. Un battage tel, que l’opération menée par Greenpeace avait fini par faire les gros titres sur CNN. «Un genre d’action très efficace sur le court terme», confirme Camille Alloing.

 

Avoir les bons réseaux

Mais le Web peut également permettre de relayer des causes plus personnelles. Ainsi, en France, le cri de colère du blogueur Louis Van Proosdij, tétraplégique, avait ému la twittosphère en juin dernier. Le sujet était alors apparu dans les trending topics (les sujets les plus suivis) et avait été repéré par Eric Besson, ministre chargé de l'Industrie, de l'énergie et de l'économie numérique. Celui-ci s’était alors personnellement saisi du problème. Un engouement tel que Louis Van Proosdij avait dû le calmer sur son compte Twitter.

Mais attention, prévient Camille Alloing, «le Web n’est pas une finalité dans la communication, mais un relais.» Encore faut-il y avoir les bons réseaux, pour que son message ait la chance de faire le tour de la Toile.