Tout comprendre sur l'affaire d'espionnage à Ikea

ENQUÊTE a filiale française du groupe avait été épinglée par le «Canard Enchaîné», mercredi dernier, pour avoir espionné certains de ses clients et salariés. Le journal satirique en remet une couche ce mercredi...

M.Gr.

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La filiale française du groupe Ikea aurait espionné certains de ses clients et salariés
La filiale française du groupe Ikea aurait espionné certains de ses clients et salariés — MEIGNEUX/SIPA

Quand un grand groupe d’ameublement joue les barbouzes, ça fait désordre. Et aussi quelques vagues. Surtout depuis que le célèbre journal satirique paraissant le mercredi a mis en lumière ces pratiques douteuses. 20 Minutes fait le point sur l’affaire.

Que s'est-il passé?

Depuis 2003, Ikea France aurait passé, selon le Canard Enchaîné, un accord avec au moins deux officines privées de sécurité afin d'obtenir des informations issues du fichier policier Stic (Système de traitement des infractions constatées), de celui des cartes grises ou des permis de conduire. Ces informations visaient des salariés avant embauche, des syndicalistes, voire des clients concernés par des différends commerciaux.

Qui demandait ces informations?

Des responsables d'Ikea pouvaient réclamer à ces interlocuteurs des extraits de casier judiciaire, le nom du propriétaire d'une voiture ou d'un numéro de téléphone portable. Un ancien patron d'Ikea France, Jean-François Baillot, aurait même «cautionné et supervisé» l'espionnage d'au moins une de ses salariées, affirmait le site d'informations Mediapart.

Qui se chargeait de faire ces recherches?

En réponse à ces demandes, les patrons d'officines pouvaient fouiller dans les fichiers de la police (Stic, fichier des cartes grises, des permis de conduire, des opérateurs de téléphonie mobile...). Selon le journal satirique, chaque consultation coûtait 80 euros à Ikea.

La direction d’Ikea était-elle au courant?

Le directeur du département «risque» de la marque, Jean-François Paris, n'aurait peut-être pas agi seul. Ce mercredi, le journal satirique précise en effet qu'il transmettait en copie les informations illicites aux patrons des magasins. L'hebdomadaire publie ainsi des extraits de mails, montrant que «la haute hiérarchie, au siège social de la société» était au courant de ces agissements.

Y aura-t-il des suites?

Une enquête préliminaire a d’ores et déjà été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Du côté de la direction française d'Ikea, on dit prendre ces accusations «très au sérieux». Le lancement d'une enquête interne a même été annoncé.

Toujours selon le Canard enchaîné, Jean-François Paris aurait été mis à pied et se «sentirait trahi par ceux qui (…) l’ont pressé de demandes de renseignements en tout genre», rapporte l’un de ces amis. Selon Ikea, il serait «suspendu», «afin de le protéger».