Droit au logement opposable: Il faudrait «un peu plus de volonté politique»

LOGEMENT Cinq ans après sa création, le droit au logement opposable (Dalo) montre encore quelques limites...

Mathieu Gruel
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Des personnes participent a un rassemblement a l'appel de plusieurs associations militant pour le droit au logement, le 7 octobre 2011
Des personnes participent a un rassemblement a l'appel de plusieurs associations militant pour le droit au logement, le 7 octobre 2011 — YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA

Votée le 5 mars 2007, cette loi devait permettre «aux plus fragiles» de pouvoir accéder au logement. Si son principe a bien été posé, son application reste encore contrastée. «27.000 ménages, pourtant reconnus comme prioritaires au terme de la procédure de recours, n’ont toujours pas de logement», fait d’ailleurs remarquer Christophe Robert, délégué général adjoint à la fondation Abbé-Pierre. «Un chiffre inquiétant», précise-t-il.

Loi appliquée sur 75% du territoire

Car pour mettre en place cette loi, «il faut des logements», souligne Jean-Baptiste Eyraud, président du collectif Droit au logement. «Or certaines régions ne sont pas en ordre de marche pour la faire appliquer.» D’après lui, la situation est même particulièrement tendue en île-de-France, dans le Nord-Pas-de-Calais ou la région Paca, alors que «sur 75% du territoire, la loi est appliquée».

Aussi, il faudrait «construire plus de logements sociaux en ciblant les zones prioritaires, et veiller à la régulation des prix», explique Christophe Robert. Et dépasser également «le blocage budgétaire  et idéologique, notamment sur les réquisitions de logement», explique de son côté Jean-Baptiste Eyraud.

Un peu plus de volonté politique

Et puis, en plus du manque d’information des travailleurs sociaux sur le sujet, ou le déficit de personnel pour assurer le suivi des dossiers, il est apparaît parfois «difficile de se lancer dans ce genre de procédure, quand on est en galère et à la rue», reconnaît Julien Bayou, co-fondateur du collectif Jeudi Noir.

Car les procédures peuvent être longues, allant de trois mois à deux ans dans certains cas.  D’après Julien Bayou, il faudrait également «que l’Etat soit plus lourdement condamné, avec, pourquoi pas, des sanctions financières rétrocédées aux plaignants. Cela inciterait peut-être l’Etat à sortir de son attentisme.»

Cinq ans après sa mise en place, il ne manque finalement au Droit au logement opposable, qu’«un peu  plus de volonté politique», martèle Christophe Robert. Les cinq prochaines années pourraient être déterminantes.