Concours Mini-miss: «On est très stricts et on va le devenir encore plus»

INTERVIEW Le président des concours «Mini-Miss» défend la marque qu'il a créée il y a 23 ans...

Propos recueillis par Nicolas Bégasse

— 

Dans les coulisses de la finale de l'élection Mini-Miss 2008, à Paris.
Dans les coulisses de la finale de l'élection Mini-Miss 2008, à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Alors que Chantal Jouanno a rendu ce lundi son rapport sur l’hypersexualisation des enfants, Michel Le Parmentier, président et fondateur des concours «Mini-Miss» en France, tient à défendre son institution.

Vous avez rencontré Chantal Jouanno au cours de sa mission. Qu’ont donné ces échanges?

J’ai eu un entretien au mois de décembre avec Chantal Jouanno, je lui ai présenté la charte que l’on utilise, et que l’on a toujours plus ou moins appliqué depuis 23 ans que le concours Mini-Miss existe. C’est-à-dire pas de filles de moins de 7 ans, pas de maquillage, pas de tenues qui ne correspondent pas à des petites filles de 7 à 12 ans, notamment pas de talons, pas de collants, rien qui soit connoté adulte.

Comprenez-vous qu’on puisse désapprouver les concours de Mini-Miss?

L’amalgame a été fait avec tout un tas de choses: les enfants mannequins, comme la petite mannequin qui a posé l’an dernier dans Vogue, ou encore les concours américains. A chaque fois qu’on parle des concours Mini-Miss, on montre des images provenant des Etats-Unis. Ça ne se passe pas comme ça en France. C’est ce que j’ai dit à Chantal Jouanno: on est à 95% pour son projet d’encadrer les concours, mais les interdire… Les concours Mini-Miss existent depuis 23 ans en France, pourquoi, soudain, devrait-on les interdire?

Faut-il malgré tout renforcer la vigilance?

Je suis pour un encadrement: c’est bien de faire le ménage dans ces concours, car dans beaucoup de petits villages et dans certaines villes, il y a des concours qui utilisent le label «Mini-Miss» sans autorisation. A Auch, c’est nous qui avons fait interdire le concours, qui employait d’ailleurs le terme de «séduction», qui ne correspond pas à nos concours, où les petites filles défilent en robe de princesse –on ne peut pas parler d’hypersexualisation. Dans les concours, il y a aussi un second défilé où la tenue est libre, pour lequel on fait très attention à ce qu’elles présentent -les parents doivent y prendre garde, car il peut y avoir des dérives. Là on peut intervenir, on est très stricts et on va le devenir encore plus, en demandant des photos et des vidéos de ce qui va être présenté au concours.

Quel avenir pour les concours Mini-Miss?

On va continuer sur notre lancée en encadrant toujours mieux nos concours. Si le législateur décide d’interdire les concours, on le respectera, mais il y a une marge entre l’interdiction et un encadrement très strict comme nous le préconisons. Il faudrait peut-être se montrer plus souple que ce qu’a dit Roselyne Bachelot ce matin [lundi, ndlr], où elle y est allée un peu fort, mais il fallait faire un effet d’annonce.