La vraie-fausse arrivéede Borloo fait des vagues

Nicolas Bégasse

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Jean-Louis Borloo, le 4 février.
Jean-Louis Borloo, le 4 février. — WITT / SIPA

C'est l'histoire d'une graine de scandale qui n'aura pas eu le temps de germer. Lundi matin, plusieurs titres de presse révélaient un projet de plusieurs proches de Nicolas Sarkozy : placer Jean-Louis Borloo à la tête du géant français Veolia Environnement.

« Absurdité », dit le chef de l'Etat
Cette nomination devait avoir lieu le 29 février, date du prochain conseil d'administration de l'entreprise, au cours duquel l'avenir de son actuel PDG devait être décidé. Selon ses détracteurs, le projet porterait la marque de Sarkozy : deux de ses proches, Alain Minc et l'ancien PDG de Veolia, Henri Proglio (aujourd'hui à la tête d'EDF), travaillant en coulisse à ce remaniement.
Du PS au FN en passant par le MoDem, les partis d'opposition y ont vu l'intervention du chef de l'Etat dans le fonctionnement d'une entreprise privée, ainsi qu'un bon moyen pour lui de neutraliser un potentiel rival centriste, Jean-Louis Borloo, qui fut un temps tenté par l'aventure de la présidentielle. Face à ce double soupçon, Nicolas Sarkozy a parlé en milieu de journée d'« absurdité » pour qualifier l'idée d'une intervention de l'Elysée dans ce projet. Jean-Louis Borloo a définitivement fait taire la rumeur hier après-midi, parlant de « supputations » et de « manipulations » et insistant sur le fait que sa carrière politique n'était pas terminée. Au-delà des rumeurs, une chose est sûre : au final, c'est le conseil d'administration de Véolia qui décidera de la reconduction ou pas du PDG actuel, et de l'éventuelle nomination de son remplaçant. Celui-ci, sauf grosse surprise, ne devrait pas s'appeler Jean-Louis Borloo.

Titre chahuté

En Bourse, l'action Veolia a perdu lundi 3,09 % à 9,29 €, accusant la plus forte baisse de l'indice CAC 40. Le titre a signé en 2011 la pire performance du CAC 40 avec un recul de 61,28 %.