La vraie-fausse arrivée de Jean-Louis Borloo chez Veolia fait des vagues

POLÉMIQUE ortement démentie par les intéressés en milieu de journée, la rumeur d'arrivée de l'ancien ministre à la tête de Véolia Environnement a fait des remous ce lundi dans la campagne présidentielle...

Nicolas Bégasse

— 

Jean-Louis Borloo le 28 janvier 2012 au Congrès de France Nature Environnement, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
Jean-Louis Borloo le 28 janvier 2012 au Congrès de France Nature Environnement, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). — CHESNOT/SIPA

C’est l’histoire d’une graine de scandale qui n’aura pas eu le temps de germer. Lundi matin, plusieurs titres de presse révélaient le projet mené par plusieurs proches de Nicolas Sarkozy concernant le groupe français Véolia Environnement: remplacer son PDG Antoine Frérot par l’ex-ministre Jean-Louis Borloo.

Celui-ci, président du Parti radical, ancien numéro deux du gouvernement Fillon et ex-candidat à la présidentielle, aurait prit la tête du géant de l’environnement à l’occasion du prochain conseil d’administration de Véolia, prévu le 29 février, au cours duquel devrait être décidé l’avenir de son actuel dirigeant. Un projet qui porterait la marque de Sarkozy, ses proches Alain Minc et Henri Proglio, ancien patron de Véolia et actuel PDG d’EDF, travaillant en coulisse à ce remaniement.

«Dans quelle République est-on?»

Pour les partis d’opposition, ce projet aurait été un nouvel exemple de dérive du pouvoir élyséen, après l’affaire de la nomination avortée de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad, en 2009. Eva Joly (EELV) «profondément choquée», Marielle de Sarnez (MoDem) qui veut «tourner la page sur ces pratiques», le FN qui pense que Nicolas Sarkozy «place ses potes avant de partir»: les commentaires n’ont pas été tendres ce lundi. «Dans quelle République est-on?» s’est même interrogé François Hollande après avoir évoqué la tentation du candidat sortant de «mettre [à la tête de Véolia] une personnalité politique parce que ça arrange à un moment de la campagne présidentielle».

Face à ce double soupçon d’intervention dans une entreprise privée et de placement d’un potentiel rival politique, Nicolas Sarkozy n’a pas tardé à réagir. D’abord par la voix de sa ministre de l’Ecologie et future porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui lundi matin n’a ni infirmé ni confirmé cette nomination de Borloo mais a catégoriquement rejeté l’idée d’une intervention du chef de l’Etat dans le dossier. Puis par sa propre voix, en milieu de journée, en trouvant «absurde» de croire que l’Elysée pourrait se trouver derrière le projet.

Point final

C’est en milieu d’après-midi que l’affaire a réellement touché à sa fin, quand Jean-Louis Borloo lui-même a démenti sa nomination prochaine à la tête de Véolia. S’il a été approché par le groupe, c’est uniquement pour apporter son «analyse» sur l’avenir de l’entreprise. Le président du Parti radical a aussi souligné que sa carrière politique n’était pas terminée, et qu’il restait «concentré sur la construction d'un avenir pour la France». Pour qualifier les révélations du matin dans la presse, Jean-Louis Borloo a parlé de «rumeurs» et de «manipulations». Histoire de mettre un point final à l’affaire, le même mot de «rumeurs» a été employé par Henri Proglio peu après, ainsi que par Antoine Frérot lui-même.

Tous ont insisté sur un point: au final, c’est le conseil d’administration de Véolia Environnement qui décidera de la reconduction ou pas du PDG actuel, et de l’éventuelle nomination de son remplaçant. Celui-ci, sauf grosse surprise, ne devrait pas s’appeler Jean-Louis Borloo.