Faire porter le casque aux cyclistes, mission impossible?

PRÉVENTION ne étude de l'Inserm révèle les difficultés rencontrées pour persuader les cyclistes de l'intérêt du casque et met en avant les arguments pouvant les convaincre…

Nicolas Bégasse

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Photo d'illustration: Un jeune garçon porte un casque de vélo.
Photo d'illustration: Un jeune garçon porte un casque de vélo. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

L’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a publié vendredi sur son site Internet le résultat d’une étude visant à définir le meilleur moyen de convaincre les cyclistes de porter un casque.

Méthodologie ambitieuse

L’équipe d’Emmanuel Lagarde, directeur de recherche Inserm, est partie d’un constat: en 2010 en France métropolitaine, 59 cyclistes ont perdu la vie et 963 ont été gravement blessés. Les deux tiers de ceux dont le pronostic vital est engagé présentent un traumatisme crânien, ce qui fait dire aux chercheurs que le port du casque, qui protège de ces traumatismes, est un enjeu majeur pour le cyclisme au quotidien.

La méthodologie de l’étude était ambitieuse: 1.800 cyclistes bordelais âgés de 18 à 75 ans ont été suivis de mai 2009 à septembre 2010. Les chercheurs les ont séparés en quatre groupes: le premier a reçu une brochure vantant les mérites du port du casque, le deuxième s’est vu offrir un casque, le troisième a obtenu le casque et la brochure et le quatrième groupe n’a rien reçu. Les chercheurs ont suivi leurs cyclistes cobayes pendant plus d’un an dans les rues de l’agglomération bordelaise grâce à un système d’autocollants placés sur le vélo et de caméras automatisées développées par l’Inserm. Ils ont notamment mesuré leur vitesse, et vérifié s’ils portaient ou non un casque.

Résultats concluants, mais…

Les résultats ont d’abord été concluants: pendant les premiers mois, les cyclistes ayant reçu un casque gratuit l’ont porté huit fois plus souvent que ceux des trois autres groupes. «Mais au bout de quatre mois, plus aucune différence n’était observable entre les différents groupes: la majorité des cyclistes abandonne le casque» explique Emmanuel Lagarde dans l’étude. Pire: le groupe n’ayant reçu que la brochure n’a pas plus utilisé le casque que le groupe n’ayant rien reçu.

Au final, les chercheurs ont repéré deux facteurs incitant réellement les cyclistes à porter un casque: le fait de penser que le casque protège le visage et le fait d’être influencé par la famille pour en porter un. L’équipe de l’Inserm en tire deux conclusions. D’abord, que la promotion de l’usage du casque chez les cyclistes restera difficile. Ensuite, que pour espérer être efficace, la prévention doit notamment reposer sur l’éducation parentale. A bon entendeur.