On a testé: Echanger des francs à la Banque de France

REPORTAGE Vendredi, c'est le dernier jour pour échanger vos billets de 20, 50, 100, 200 et 500 francs dans une succursale de la Banque de France contre des euros sonnants et trébuchants...

Bérénice Dubuc

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Des clients font la queue pour échanger leurs francs à la succursale de la Banque de France, boulevard Raspail à Paris, le 16 février 2012.
Des clients font la queue pour échanger leurs francs à la succursale de la Banque de France, boulevard Raspail à Paris, le 16 février 2012. — B.DUBUC / 20minutes.fr

Une soixantaine de personnes font la queue devant le 48 boulevard Raspail, à Paris ce jeudi matin. Tous sont venus faire comme nous: échanger leurs derniers billets en francs dans la succursale parisienne de la Banque de France parce que «vendredi, c’est le dernier jour». Deux files s’étirent sur le trottoir devant la façade de la Banque de France et jusqu’à vingt mètres plus loin environ dans la rue de Sèvres.

Bon, en arrivant à 10h, on pouvait s’en douter. Quoi que l’attente n’aurait pas été beaucoup plus courte en arrivant à l’ouverture. «Depuis le début de la semaine, on a eu 400-500 personnes par jour, et, dès 7h30, il y a déjà du monde. Ce matin à 8h40, la queue s’étalait déjà sur une trentaine de mètres», explique un employé de la Banque qui oriente les clients.

L’échange différé, ça va (beaucoup) plus vite

On ne l’avait pas vu en arrivant, mais il y a bien deux files: la première, la plus longue, est celle de l’échange immédiat, nous explique l’employé de la Banque de France. «Il y a au moins deux heures d’attente.» Et la seconde? «C’est celle des échanges différés: vous déposez vos francs, on vous donne un reçu, et on vous appelle par téléphone pour que vous reveniez chercher vos euros. Là vous en avez pour une demi-heure d’attente.» Il fait froid et on a un reportage sur le feu, nous choisissons donc la seconde file.

A peine quinze minutes d’attente, pendant lesquels nous avons le temps de détailler les gens autour de nous: de tous les âges, emmitouflés dans leur écharpes, portant chapeaux ou chapka, quelques-uns portant même de gros sacs à l'épaule ou à la main, certains ayant pris la précaution d’apporter un journal ou un livre pour passer le temps, d’autres un ami avec qui discuter. Enfin, nous pénétrons dans le saint des saints.

En à peine cinq minutes, l’affaire est menée

A l'intérieur, premier constat: il fait meilleur qu’à l’extérieur. Une chaleur entretenue par la vingtaine d'employés qui s'activent derrière les guichets, mais aussi autour de tables et de photocopieuses. Car le parcours est bien balisé: en à peine cinq minutes, l’affaire est menée. On se présente auprès d’un premier employé qui photocopie notre pièce d’identité, et qui vérifie que les billets que l’on veut troquer sont encore échangeables (soit ceux de 20, 50, 100, 200 et 500 francs de 2002). Nous, nous échangerons seulement un Gustave Eiffel de 200 francs et un Saint-Exupery de 50 francs. «Quand-même de quoi se payer un petit resto», plaisante le «photocopieur».

Il nous conduit ensuite à une table où l’on remplit une «demande d’échange différé» où nous inscrivons nos nom, prénom, adresse, téléphone et montant échangé. L’employé de la Banque revient ensuite nous chercher et nous conduit à un guichet où l’on nous tend un reçu – qui nous sera demandé quand on viendra récupérer nos euros. Après un ultime adieu à nos derniers francs, on quitte la succursale, non sans un regard de commisération vers l’autre côté du hall, où quelques-uns de ceux qui ont choisi de récupérer immédiatement leurs euros attendent, après être entrés au compte-goutte, assis sur des bancs en attendant qu’un guichet se libère.

Au final, l’opération ne nous aura pris que vingt petites minutes, mais il nous faudra revenir en mars chercher nos euros. Un moindre mal lorsqu’on voit, à la sortie, la file d’attente de l’échange immédiat qui s’est encore allongée. Heureusement pour eux, même s’ils n’ont pas le temps de passer ce jeudi, la succursale est encore ouverte vendredi, de 8h45 à 12h00 et de 13h30 à 15h30, tout comme celles d’Ile-de-France ou de province, habituellement moins sollicitées.