Trafic aérien: Fin de la grève, réunion entre syndicats et gouvernement

SOCIAL L'échec redouté des négociations pourrait déboucher sur un nouveau mouvement de grève...

N.Bg. avec AFP

— 

Le trafic aérien doit revenir vendredi à la normale après quatre jours de grève, surtout suivie par les pilotes d'Air France, mais syndicats et gouvernement, qui ont rendez-vous dans la matinée, campent sur leurs positions, ce qui pourrait déboucher sur un nouveau conflit en février.
Le trafic aérien doit revenir vendredi à la normale après quatre jours de grève, surtout suivie par les pilotes d'Air France, mais syndicats et gouvernement, qui ont rendez-vous dans la matinée, campent sur leurs positions, ce qui pourrait déboucher sur un nouveau conflit en février. — Bertrand Guay afp.com

Après quatre jours de grève, les négociations entre syndicats et gouvernement vont enfin commencer ce vendredi matin. Le trafic aérien doit revenir à la normale après cette grève surtout suivie par les pilotes d'Air France, mais syndicats et gouvernement, qui ont rendez-vous dans la matinée, campent sur leurs positions, ce qui pourrait déboucher sur un nouveau conflit en février.

Air France a annoncé «se préparer à une reprise du programme de vol normal pour la journée du 10 février», mais des retards sont néanmoins «prévisibles». «Cette reprise nécessitera des opérations de remise en ligne des appareils qui, en raison des conditions de grand froid régnant actuellement en Ile-de-France, pourraient occasionner quelques retards», a expliqué Air France.

«On n'est pas là pour trouver un terrain d'entente avec les syndicats»

Les pilotes (30% de grévistes selon la direction, 60% selon le syndicat SNPL) ont réaffirmé jeudi leur détermination contre une proposition de loi encadrant davantage le droit de grève dans le transport aérien. Leur demande principale: le retrait de l'obligation d'un préavis individuel de 48 heures.

Selon Air France, jeudi 15% des hôtesses et stewards étaient en grève et quasiment aucun personnel au sol. «Demain (vendredi, ndlr), s'il n'y a pas d'ouverture et si les portes restent fermées comme elles le sont depuis le début, très clairement, il y aura un autre mouvement», a prévenu Yves Deshayes, président du SNPL national (syndicat de pilotes majoritaire).

Interrogé sur d'éventuels amendements, le ministre des Transports, Thierry Mariani, a répondu: «On n'est pas là pour trouver un terrain d'entente avec les syndicats, mais pour organiser un service garanti.» Le ministre a également réaffirmé devant les sénateurs, qui examineront le 15 février la proposition de loi, «la détermination du gouvernement» à la soutenir.

Contexte difficile pour Air France

Le texte de loi, déjà adopté à l'Assemblée fin janvier, impose aux grévistes, sous peine de sanction, de se déclarer individuellement 48 heures à l'avance. Les compagnies devront quant à elles communiquer des prévisions de trafic 24 heures en amont. L'objectif est d'instaurer, comme à la SNCF et à la RATP, un service optimisé en fonction des moyens humains disponibles, mais, pour les syndicats, ce texte vise «à limiter le droit de grève» dans un secteur privé et sans monopole.

Cette grève, qui coûte de 8 à 10 millions d'euros par jour à Air France selon la direction, intervient alors que le groupe Air France/KLM s'apprête à annoncer début mars des pertes pour la troisième année consécutive et qu'un plan drastique d'économies sur trois ans a été annoncé en janvier.