Une étrange découverte relance l'affaire Mouzin

William Molinié

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Estelle Mouzin a disparu en janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne).
Estelle Mouzin a disparu en janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). — NIKO / SIPA

Cette fois-ci, la piste vient de Besançon. Lundi, une valise contenant des notes manuscrites sur l'affaire Mouzin a été remise à la police judiciaire. Ces documents, qui comportent des coupures de presse concernant Estelle Mouzin disparue à Guermantes (Seine-et-Marne) en janvier 2003, ont été découverts vendredi dans une chambre d'un hôtel du groupe Accor, en face de la gare de la Viotte à Besançon. Les policiers semblent intéressés par cette valise et recherchent son propriétaire.

« On devient blasés »
Un enquêteur a confirmé à 20 Minutes hier soir qu'un militaire considéré comme déserteur depuis une quinzaine de jours pourrait être le propriétaire de cette valise. Problème, il a 20 ans. Ce qui signifierait qu'à l'époque des faits, il en aurait eu 11. Il serait donc a priori blanchi de tout soupçon. Mais peut-être sait-il quelque chose dans cette affaire, dont « aucun élément n'est épargné », assure une source judiciaire à Dijon.
En neuf années de procédures, de nombreuses pistes n'ont jamais abouti : des restes humains trouvés dans un restaurant chinois de Seine-et-Marne, une photo ressemblant à Estelle extraite d'un site pédopornographique en Estonie, ou plus récemment, en novembre dernier, la garde à vue d'un sexagénaire. La piste que la famille Mouzin aimerait fouiller est celle des cheveux , des lacets blancs et des gants noirs retrouvés dans la camionnette du violeur en série Michel Fourniret. Ces éléments n'ont jamais été expertisés.
Face à cette enquête qui piétine, la famille Mouzin s'agace. « On devient blasés, voire même énervés. C'est toujours lors de dates anniversaires qu'il faut qu'une information sorte dans la presse, comme pour justifier que les enquêteurs travaillent », lâche-t-on dans l'entourage d'Eric Mouzin. Sa fille aurait soufflé hier ses dix-huit bougies.

Dessaisissement

L'avocat de la famille Mouzin, Didier Seban, mène un combat contre la juge de Meaux, où l'affaire est instruite. Depuis janvier, il demande son dessaisissement au profit d'une autre juridiction, au motif que la juge n'orienterait pas assez l'enquête. Après un refus du procureur général, il a réitéré sa demande jeudi dernier auprès de la plus haute juridiction, la Cour de cassation.