L'Office HLM de Paris fichait certains de ses locataires

M.Gr.

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L’Office HLM de Paris fichait certains de ses locataires
L’Office HLM de Paris fichait certains de ses locataires — SIPA

«Séropositif, ancien SDF, alcoolique...» Certaines informations compilées par l'Office public HLM de Paris, Paris Habitat, dans ses fichiers, avaient de quoi surprendre.

Ils ont en tout cas fait réagir la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), qui vient de mettre en demeure l’OPH Paris Habitat, «pour atteinte à la vie privée de ses locataires».

Alertée par des associations de locataire en 2011 sur cette affaire, que révèle Le Parisien, la Cnil a en effet constaté des dérives dans les fichiers de l'organisme, qui gère 125.000 logements.

«Ancien SDF, addiction boisson»

Des éléments de vie privée ou des données subjectives sur les locataires, tels qu'«alcoolique», «violence conjugale», «ancien SDF addiction boisson» (...) y étaient notamment compilés.

Mieux, quelque 300 gardiens avaient accès aux données personnelles des locataires (âge, situation familiale, retards de paiement...)  ainsi qu'aux relevés d'identité bancaire des locataires.

Une première

C'est d'ailleurs «l'importance des manquements constatés» qui a poussé la Cnil à rendre publique cette mise en demeure. Une première.

De son côté, l’OPH Paris Habitat, se défendait ce matin dans Le Parisien,  par la voix de son directeur général, de «s'être livré à un fichage généralisé».

Le bailleur social dispose désormais d'un délai de deux mois pour se mettre en conformité avec la loi, qui interdit la compilation de telles informations dans des fichiers. Au-delà, l’OPH Paris Habitat pourrait encourir une amende allant jusqu'à 150.000 euros.

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