Education nationale: Grève contre les suppressions de poste et la nouvelle évaluation

SOCIAL Elle sera accompagnée d'une manifestation nationale à Paris, pour obtenir le retrait du projet de réforme de l'évaluation des enseignants et dénoncer les 14.000 suppressions de postes de la rentrée 2012...

© 2012 AFP

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Une grève, en ordre dispersé et accompagnée d'une manifestation nationale à Paris, aura lieu mardi au sein de l'Education nationale pour obtenir le retrait du projet de réforme de l'évaluation des enseignants et dénoncer les 14.000 suppressions de postes de la rentrée 2012.
Une grève, en ordre dispersé et accompagnée d'une manifestation nationale à Paris, aura lieu mardi au sein de l'Education nationale pour obtenir le retrait du projet de réforme de l'évaluation des enseignants et dénoncer les 14.000 suppressions de postes de la rentrée 2012. — Frank Perry afp.com

Une grève, en ordre dispersé et accompagnée d'une manifestation nationale à Paris, a lieu ce mardi au sein de l'Education nationale pour obtenir le retrait du projet de réforme de l'évaluation des enseignants et dénoncer les 14.000 suppressions de postes de la rentrée 2012. La mobilisation va d'abord toucher les collèges et les lycées, où les syndicats Snes-FSU (le principal du secondaire), FO et Snalc appellent à «une journée de grève nationale», mais pas le SE-Unsa ni le Sgen-CFDT, les deux syndicats dits réformistes. La manifestation partira à 14h de la Sorbonne en direction de Bastille.

Le projet de réforme de l'évaluation, supposé entrer en vigueur à la rentrée 2012, est ressenti avec davantage d'acuité dans le secondaire où l'évaluateur deviendrait le seul chef d'établissement, à l'occasion d'un entretien tous les trois ans qui déterminerait l'évolution du salaire. Jusqu'alors, les professeurs avaient une double notation, administrative par le chef d'établissement, et pédagogique, la plus importante pour la carrière, par l'inspecteur régional, formé dans la discipline des collègues qu'il inspecte.

Soutien de la Société des agrégés

Signe de l'opposition à cette réforme dans le secondaire, la Société des agrégés a apporté jeudi son soutien à la grève, en la jugeant «légitime». Pour elle, «les professeurs ne refusent pas d’être évalués: ils veulent une évaluation juste et équitable de la qualité et de l'efficacité de leur enseignement, effectuée par des personnes compétentes». La double notation actuelle «peut être améliorée par la mise en place de mesures garantissant notamment la régularité des inspections sur tout le territoire et la possibilité pour un professeur de faire appel d’une inspection et de présenter son point de vue», estime-t-elle.

Ce projet de réforme avait déjà entraîné une grève, moyennement suivie, le 15 décembre dernier.

L'autre sujet de mobilisation des syndicats Snes, FO et Snalc concerne les nouvelles suppressions de postes prévues à la rentrée 2012, sur lesquelles ils sont rejoints par le principal syndicat des écoles primaires, le SNUipp-FSU.

14.000 suppressions de postes

Sur les 14.000 postes devant être supprimés, il y en a en effet 6.550 dans les collèges et lycées, mais aussi 5.700 dans le primaire, dont quelque 2.500 nouveaux postes d'enseignants "Rased", spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire, comme vient de le calculer le SNUipp. Ce syndicat a lancé un «appel national» à «101 grèves et manifestations» contre les suppressions de postes, au cours des semaines qui viennent dans les 101 départements de métropole et d'outre-mer, «avec un temps fort passant par la manifestation nationale et la grève du (mardi) 31 janvier partout où c'est possible».

«Ces nouvelles coupes claires sont inacceptables (...) La lutte contre l'échec scolaire sera de plus en plus difficile à mener», selon le SNUipp. «Certains départements seront en grève, d'autres non», a précisé à l'AFP le secrétaire général, Sébastien Sihr. Un appel à la grève a été lancé à Paris. A la rentrée 2012, le ministère de l'Education prévoit 2.490 élèves de plus qu'à la rentrée 2011 (+0,04%), les écoles maternelles devant perdre 9.587 élèves mais les écoles élémentaires (du CP au CM2) devant en scolariser 12.077 de plus.