Grave accident sur un manège: Des précédents qui posent le problème du respect des consignes de sécurité

PRÉCÉDENTS tour sur les drames qui ont touché les visiteurs des parcs d'attractions après celui qui a frappé une petite fille de 8 ans au Jardin d'Acclimatation...

Julien Ménielle

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Le manège Booster sur laquelle est survenu un accident mortel le samedi 4 aout 2007 pendant la Fete des Loges a Saint-Germain-en-Laye.
Le manège Booster sur laquelle est survenu un accident mortel le samedi 4 aout 2007 pendant la Fete des Loges a Saint-Germain-en-Laye. — LE FLOCH PASCAL/SIPA

Bien sûr il y a les déficiences matérielles. Un wagon qui se décroche, une nacelle qui s’écrase au sol et c’est le drame. Mais dans de nombreux cas, les accidents surviennent sans que la responsabilité de l’exploitant ne soit complètement mise en cause, si ce n’est pour ne pas avoir fait appliquer scrupuleusement les règles de sécurité.

Problème de corpulence

Ainsi, au Jardin d’Acclimatation, une fillette de 8 ans a été très grièvement blessée, étranglée par son écharpe coincée dans un manège. Un panneau indique que les écharpes sont interdites sur les attractions, mais la petite fille a tout de même pu y monter. Un drame qui rappelle celui qui a touché une famille au parc Walibi dans l’Isère.

Une fillette de 6 ans a été éjectée d’un manège en juin 2011 à Avenières. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’enfant n’a pas été suffisamment plaquée contre son siège par la barre de sécurité en raison de sa différence de corpulence avec sa tante, bien plus forte, à côté de laquelle elle était assise. Un problème qui n’a pas été décelé par le personnel du parc avant le départ de l’attraction.

«Discrimination»

En août 2009, c’est à nouveau la corpulence d’une femme de 35 ans qui a été évoquée pour expliquer son accident mortel sur un manège du parc de Saint-Paul près de Beauvais. Une femme, dépassant la centaine de kilos selon les témoins, est décédée après sa chute d’un manège déconseillé aux personnes fortes. «Il n'est pas facile pour l'opérateur de refuser l'accès au manège pour cette raison. Ça peut être considéré comme de la discrimination», a indiqué à l’époque le maire de la commune.

Les opérateurs ont donc parfois du mal à contrôler que la sécurité de leurs clients est assurée avant le départ du manège. Parfois, c’est l’attitude des victimes qui est mise en cause. Ainsi, en août 2011 à Lorient, une jeune femme de 35 ans avait été blessée, son crâne ayant heurté un élément d’un manège lancé à grande vitesse. «C'est le comportement inadapté de la jeune femme qui est à l'origine de l'accident, ce n'est pas un problème technique», avaient jugé les enquêteurs.

Pas toujours d'explications

Aucun problème technique non plus n’a été décelé à Ris-Orangis en mai 2010, c’est donc à nouveau l’imprudence de la victime qui a été évoquée après la chute d’une adolescente de 14 ans, éjectée d’une attraction. Parfois, cependant, aucune explication n’est trouvée. Comme dans le cas de Bautista Riera, jeune Argentin de 12 ans qui s’est trouvé paralysé, en novembre dernier, après être monté dans la «tour de la terreur» à Disneyland Paris.

Le jeune garçon, reparti depuis en Argentine où son état s’améliore, a fait un malaise après être descendu de l’attraction. Les examens à l’hôpital Necker de Paris ont mis en évidence une atteinte de la moelle épinière. Mais cette fois, ni imprudence ni problème technique. Juste un risque non évalué, un accident imprévisible survenu dans le parfait respect des normes de sécurité.