Abdelhamid Hakkar, un des plus anciens détenus de France, va être libéré en mars

Reuters

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Un des plus anciens détenus français, Abdelhamid Hakkar, à l'origine d'une modification importante de la loi, va prochainement retrouver la liberté après presque 28 années passées derrière les barreaux, a-t-on appris ce mardi auprès de son avocate.

Condamné à la réclusion à perpétuité pour une attaque à main armée et le meurtre d'un policier en 1984, il bénéficiera d'une 1libération conditionnelle à titre probatoire à compter du 20 mars prochain, a décidé un tribunal d'application des peines de Colmar le 12 janvier.

Premier procès jugé non-équitable

Ce Franco-algérien de 56 ans, actuellement incarcéré à Ensisheim (Haut-Rhin), avait contraint la France à rouvrir, pour la première fois, une procédure judiciaire définitivement jugée, après une condamnation de la France en 1995 par la Cour européenne des droits de l'homme.

Elle concluait au caractère non équitable de son premier procès, en 1989, devant la cour d'assises de l'Yonne.

Cette affaire a établi la règle selon laquelle tout accusé se trouvant dans cette position avait obligatoirement droit à un nouveau procès, ce qui s'est produit pour Abdelhamid Hakkar en 2003 puis en 2005 en appel, mais avec le même verdict, la perpétuité avec 16 ans de sûreté.

Il a toujours nié les faits

Son avocate Marie-Alix Canu-Bernard a souligné que la décision de le libérer était définitive. «Le tribunal a estimé que cette mesure était la plus adaptée à la situation de Abdelhamid Hakkar (...) tant il est vrai qu'on ne parvient plus à trouver de sens à l'incarcération du requérant en établissement pénitentiaire», a-t-elle indiqué.

«Il a reconnu que l'intéressé a su déployer par ailleurs une énergie considérable à la défense de ses droits et de ceux de ses co-détenus, ses connaissances juridiques étant de fait reconnues et inspirant le respect», ajoute-t-elle.

Abdelhamid Hakkar a toujours nié avoir tué un policier et en avoir blessé un second lors d'une attaque commise à Auxerre en 1984. Au fil des années et des rejets successifs de ses demandes de libération conditionnelle, des voix s'étaient élevées pour juger la durée de sa détention excessive.