Un homme soupçonné d'avoir transmis sciemment le sida remis en liberté

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Près de neuf Français sur dix (87%) estiment que le prochain gouvernement devra assurer à tous les séropositifs un traitement, selon un sondage CSA pour l'association Aides, Libération et France Inter, publié à l'occasion de la journée mondiale contre le sida jeudi.
Près de neuf Français sur dix (87%) estiment que le prochain gouvernement devra assurer à tous les séropositifs un traitement, selon un sondage CSA pour l'association Aides, Libération et France Inter, publié à l'occasion de la journée mondiale contre le sida jeudi. — Francois Guillot afp.com

Un Allemand d'une quarantaine d'années, mis en examen à Cergy (Val-d'Oise) pour avoir sciemment transmis le virus du sida à d'anciennes compagnes, a été récemment remis en liberté, suscitant l'inquiétude des parties civiles, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Le suspect avait été mis en examen le 13 juillet pour «administration» et «tentative d'administration de substances nuisibles» et placé en détention provisoire. Il a été remis en liberté le 12 janvier par le juge d'instruction en charge du dossier, a indiqué à l'AFP une source judiciaire. Contacté par l'AFP, l'avocat de deux des quatre personnes qui se sont constituées partie civile, Me Avi Bitton, a jugé cette décision «choquante» au regard «de la dangerosité du mis en examen». «Si jamais il contaminait d'autres personnes, ces dernières pourraient engager une action en responsabilité contre l'Etat pour l'avoir remis en liberté», a mis en garde l'avocat.

Nombreuses relations amoureuses non protégées

Le quadragénaire avait été interpellé après une plainte déposée par une ex-petite amie domiciliée à Pontoise (Val-d'Oise), l'accusant de lui avoir volontairement transmis le virus du sida (VIH). Selon la plaignante, qui assure avoir vécu une «relation sérieuse» de six mois avec le suspect avant de faire un test de dépistage et de se découvrir séropositive, le quadragénaire aurait multiplié les relations amoureuses non protégées, tout en se sachant malade du sida.

Il «n'hésitait pas à s'attaquer à des proies faciles, des femmes isolées socialement», a précisé Me Bitton, pour qui le suspect multipliait les contacts sur les réseaux sociaux et les sites de rencontres, et aurait eu des relations avec des partenaires en France, mais aussi en Allemagne et en Angleterre. Selon la source judiciaire, le quadragénaire, en situation de «déni psychologique», n'aurait cependant pas forcément eu conscience de transmettre le virus du sida.

L'administration de substances nuisibles est passible de 15 ans de réclusion criminelle, voire de 20 ans si elle est commise avec préméditation.