Enquête truquée de l'IGS: Des courriers pour appuyer les soupçons de violation du secret de l'instruction

ENQUÊTE ans des courriers le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, et Claude Bard, numéro trois de l'IGS à l’époque, proposent de suspendre quatre des cinq employés de la préfecture en s'appuyant sur leurs gardes à vue menées la veille. En toute illégalité...

Bérénice Dubuc

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Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, le 4 octobre 2011 à Paris.
Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, le 4 octobre 2011 à Paris. — T.SAMSON / AFP

Des lettres qui viennent appuyer la théorie de la manipulation. Le Parisien révèle ce lundi des courriers datant de 2007 qui laisseraient entendre que des hauts fonctionnaires auraient eu accès au contenu des procédures judiciaires en cours dans le cadre d’une l’enquête de l’inspection générale des services (IGS). Cette enquête de la « police des polices » portait sur cinq fonctionnaires de la préfecture de police (PP) de Paris, mis en cause dans un trafic présumé de titres de séjour.

A l’approche de la dernière élection présidentielle, Yannick Blanc, directeur de la police générale marqué à gauche, son adjoint, Bruno Triquenaux, et Christian Massard, chargé de la sécurité de l’ex-ministre socialiste de l’Intérieur Daniel Vaillant, avaient été mis en cause avant d’être suspendus. Les protagonistes avaient finalement été blanchis par la cour d’appel de Paris en janvier 2011, leurs «aveux» s’étant avérés faux, souligne Le Parisien.

Violation du secret de l’instruction?

La justice cherche à établir si l’IGS a faussement mis en cause ces cinq fonctionnaires en 2007 en s’appuyant, entre autres, sur des procès-verbaux truqués. Dans les courriers révélés par Le Parisien, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, et Claude Bard, numéro trois de l’IGS à l’époque, proposent de suspendre quatre des cinq employés de la préfecture en s’appuyant sur leurs gardes à vue menées la veille, ce qui constituerait une violation du secret de l’instruction.

«M. Bruno Triquenaux a reconnu avoir délivré des attestations mensongères d’hébergement à des étrangers», peut-on lire dans une lettre signée par Michel Gaudin en date du 20 décembre 2007 selon le quotidien. «Mme Nicot [une autre fonctionnaire soupçonnée] a reconnu avoir favorisé, de sa propre initiative et sans contrôle de sa hiérarchie, l’attribution ou le renouvellement de titres de séjour à des personnes en contrepartie de cadeaux», selon un autre courrier cité par le journal qui indique qu’il est « signé par Claude Bard, le 2 juin 2007».

Entendu le 15 décembre dernier par un juge d’instruction sous le statut de témoin assisté, Michel Gaudin a nié avoir eu connaissance de la procédure judiciaire en cours. Claude Bard, promu depuis à la tête de l’IGS, n’a pour sa part toujours pas été entendu.